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Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

The Waste Land

Voici le début de ma traduction de The waste Land, elle se poursuivra toute la semaine.  Le texte est accompagné de notes de TS Eliot, d'autres sont claires, je n'y ai ajouté que celles qui sont moins évidentes.

Voici le début de ma traduction de The waste Land, elle se poursuivra toute la semaine. Le texte est accompagné de notes de TS Eliot, d'autres sont claires, je n'y ai ajouté que celles qui sont moins évidentes.

The Waste Land

 

                            For Ezra Pound
                           Il millior Fabbro

 

              I. The Burial of the Dead
 
  April is the cruellest month, breeding
Lilacs out of the dead land, mixing
Memory and desire, stirring
Dull roots with spring rain.
Winter kept us warm, covering
Earth in forgetful snow, feeding
A little life with dried tubers.
Summer surprised us, coming over the Starnbergersee
With a shower of rain; we stopped in the colonnade,
And went on in sunlight, into the Hofgarten,
And drank coffee, and talked for an hour.
Bin gar keine Russin, stamm’ aus Litauen, echt deutsch.
And when we were children, staying at the arch-duke’s,
My cousin’s, he took me out on a sled,
And I was frightened. He said, Marie,
Marie, hold on tight. And down we went.
In the mountains, there you feel free.
I read, much of the night, and go south in the winter.
 
  What are the roots that clutch, what branches grow
Out of this stony rubbish? Son of man,
You cannot say, or guess, for you know only
A heap of broken images, where the sun beats,
And the dead tree gives no shelter, the cricket no relief,
And the dry stone no sound of water. Only
There is shadow under this red rock,
(Come in under the shadow of this red rock),
And I will show you something different from either
Your shadow at morning striding behind you
Or your shadow at evening rising to meet you;
I will show you fear in a handful of dust.
                      Frisch weht der Wind
                      Der Heimat zu
                      Mein Irisch Kind,
                      Wo weilest du?
“You gave me hyacinths first a year ago;
“They called me the hyacinth girl.”
—Yet when we came back, late, from the Hyacinth garden,
Your arms full, and your hair wet, I could not
Speak, and my eyes failed, I was neither
Living nor dead, and I knew nothing,
Looking into the heart of light, the silence.
Oed’ und leer das Meer.
 
  Madame Sosostris, famous clairvoyante,
Had a bad cold, nevertheless
Is known to be the wisest woman in Europe,
With a wicked pack of cards. Here, said she,
Is your card, the drowned Phoenician Sailor,
(Those are pearls that were his eyes. Look!)
Here is Belladonna, the Lady of the Rocks,
The lady of situations.
Here is the man with three staves, and here the Wheel,
And here is the one-eyed merchant, and this card,
Which is blank, is something he carries on his back,
Which I am forbidden to see. I do not find
The Hanged Man. Fear death by water.
I see crowds of people, walking round in a ring.
Thank you. If you see dear Mrs. Equitone,
Tell her I bring the horoscope myself:
One must be so careful these days.
 
  Unreal City,
Under the brown fog of a winter dawn,
A crowd flowed over London Bridge, so many,
I had not thought death had undone so many.
Sighs, short and infrequent, were exhaled,
And each man fixed his eyes before his feet.
Flowed up the hill and down King William Street,
To where Saint Mary Woolnoth kept the hours
With a dead sound on the final stroke of nine.
There I saw one I knew, and stopped him, crying: “Stetson!
“You who were with me in the ships at Mylae!
“That corpse you planted last year in your garden,
“Has it begun to sprout? Will it bloom this year?
“Or has the sudden frost disturbed its bed?
“Oh keep the Dog far hence, that’s friend to men,
“Or with his nails he’ll dig it up again!
“You! hypocrite lecteur!—mon semblable,—mon frère!”
 
 
 

The Waste Land                               Isaiah 1.7 'Your land is waste'                                                 

I L’enterrement des morts

Avril est le mois le plus cruel, de la terre

Morte il fait jaillir les lilas, il brasse

Souvenir et désir, il ranime

Les racines mortes à sa pluie de printemps.

Lhiver nous tint au chaud, couvrant

La terre dune neige oublieuse, nourrissant

Un peu de vie de tubercules secs.

Lété nous surprit, en une averse qui traversa le Starnbergersee;

nous nous arrêtâmes sous les colonnes,

Et continuâmes sous le soleil, dans le Hofgarten,

Et nous bûmes du café, et parlâmes pendant une heure.

Bin gar keine Russin, stamm aus litauen, echt deutsch.

Et quand nous étions enfant, chez larchiduc,

Mon cousin, il memmena sur une luge,

Et javais peur. Il dit, Marie,

Marie, serre moi fort. Et nous filâmes dans la descente.

En montagne, là on se sent libre.

Je lis tard dans la nuit, et en hiver je pars vers le Sud.

Quelles racines se cramponnent, quelles branches poussent

Dans ce pierrier ? Fils de lhomme,

Tu ne peux le dire, ni le deviner, car tu ne connais

Quun tas dimages brisées, que le soleil frappe,

Et larbre mort noffre aucun dabri, le criquet aucun repos,

Et la pierre sèche aucun bruit deau.  *

De lombre, seulement sous ce rocher rouge,

(Viens à lombre de ce rocher rouge),

Et je te montrerai quelque chose qui nest ni

Ton ombre du matin qui te poursuit, ni

Ton ombre du soir qui se lève à ta rencontre ;*

Je te montrerai la peur dans une poignée de poussière.            

Frisch weht des Wind

Der Heimat zu

Mein Irisch Kind,

Wo weilest du?

Tu mas donné des hyacinthes pour le première fois il y a un an;

On mappelait la fille aux hyacinthes.

-et quand nous rentrâmes, tard, du jardin aux hyacinthes,

Tes bras remplis, tes cheveux humides, je ne pouvais

Parler, et mes yeux renoncèrent. Je nétais ni

Vivant ni mort, et je ne savais rien.

Regardant au coeur de la lumière, le silence.

Oed und leer das Meer.

 

Madame Sosostris, voyante célèbre,

Avait un mauvais rhume, pourtant

On la dit la femme le plus avisée dEurope,

Avec un méchant jeu de cartes. Voici, dit elle,

Votre carte, le marin Phénicien noyé,

(Cétaient les perles qui étaient ses yeux. Regarde !)                           The Tempest 2.1

   

Voici Belladonna, la Femme aux Rochers,

La Femme des situations critiques.

Et voici lhomme aux trois bâtons, et puis la roue

Et aussi le marchand borgne, et cette carte,

Qui est blanche, quelque chose quil porte sur son dos,

Que je nai pas le droit de voir. Je ne trouve pas

Le Pendu. Craignez la mort par leau.

Je vois des foules, marchand en rond.

Merci. Si vous voyez cette chère Equitone,

Dites lui que je lui apporterai son horoscope moi-même:

On doit être très prudent de nos jours.

 

Ville irréelle,

Sous le brouillard brun dune matinée dhiver,

Une foule, un fleuve sur le Pont de Londres, si nombreux,

Qui pourrait penser que la mort les avait pris si nombreux.

Des soupirs, brefs et irréguliers,

Et tous avaient les yeux fixés devant leurs pieds.

Un flot qui gravissait la colline puis descendait KW Street,

Vers Saint Mary Woolnoth qui marquait les heures

Avec un bruit sourd au dernier coup de neuf heures.

Là je vis quelquun que je connaissais, je larrêtais, et lui criais:

Stetson !

tu étais avec moi dans les bateaux à Mylae !

Ce corps que tu as planté dans ton jardin lan dernier,

A-t-il commencé à pousser ? Fleurira t-il cette année ?

Ou la gelée brutale a telle dérangé son lit ?

Tiens le chien éloigné, cest lami de lhomme,

Ou avec ses griffes il le déterrera encore !

Toi, hypocrite lecteur ! - mon semblable mon frère.

 

 

* un rappel - peut-être? - de Qohélet 12.5  

'

  "Also when they shall be afraid of that which is high, and fears shall be in the way, and the almond tree shall flourish, and the grasshopper shall be a burden, and desire shall fail: because man goeth to his long home, and the mourners go about the streets...'

 

à suivre...

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