Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

Théâtre sur un plateau

Théâtre sur un plateau

 

 

Dans le pays de Bresse                                                                                                                         se déroule chaque année, au début du mois d’Août un événement considérable,                    un festival de théâtre,                                                                                                                         oui vous avez bien lu, du théâtre, au pays du  poulet…                                                                                    

Non seulement - non solo (je traduis pour les non-francophones) - les lieux sont inattendus, mais encore - sed etiam - le plaisir du théâtre est là, aussi convivial que professionnel, aussi déjanté que profond,  en un mot, ce que l’on attend du théâtre.                                                   

J’ai vu onze spectacles, aucun ne m’est un regret,                                                                   

tous laisseront une trace dans ma mémoire.                                                                                                                                     

 J’ai vu Fausse Note ; arrive sur scène un Juif - ce n’est pas dit, mais Christophe Malavoy engoncé dans ses vêtements avec sa petite valise usée est bien cet homme chargé de son histoire et de l’histoire, qui va affronter un Tom Novembre, incarnation de ces hommes Allemands pour lesquels on ne se pose pas la question de savoir où ils étaient pendant la guerre…                                       

 J’ai vu une évocation très belle et d’une grande émotion contenue de son grand père par Luca Franceschi qui joue avec les langues quand la poésie cède la place au comique ;                                                                     

J’ai vu Roméo et Juliette ; Roméo, un amoureux dont on a entendu parler, mais ici, il  est aussi un metteur en scène dépassé par l’obligation de réveiller son actrice qui entre des battements de portes lui annonce qu’elle est enceinte (de lui) de deux mois.                                                                                                                   

 Si j’étais Willie (quelle prétention me direz-vous, tant pis, je laisse ce que j’ai écrit), je serais enchanté de me voir ainsi traité, et je serais tout aussi ravi par mes Gentilhommes de Vérone - décidément nous étions à Vérone, séparée de Milan par on ne sait quel océan… - à qui cette mise sur les planches, menée par un incroyable - inouï et merveilleux aurait-on pu dire en d’autres temps - Thurio, donne une dimension burlesque inattendue qui - encore une fois, quelle prétention, diront les puristes grincheux - permet à la pièce de se sortir grandie d’un travail Shakespearien pour une fois bâclé.                                              

Et puis j’ai vu un Ruy Blas, aussi fêlé qu’intelligent, complètement libre de toutes références, inventif, aussi hilarant que musical.   

Je m’arrête là - je devrais parler de toutes les représentations, aucune ne me laissa indifférent -parce que mes mots me regardent maintenant avec commisération, comme s’ils me plaignaient de savoir si mal les utiliser pour dire mon plaisir devant  ces grands moments de théâtre libérés de tout conformisme de la pensée toute faite,                           

 ce théâtre qui s’interdit de faire des mots des autres les prisons des pensées.

 

Certes les acteurs ont été les artisans exceptionnels,  mais ils ont été invités par deux grands du théâtre, Gérard Col et Benjamin Ziziemsky qui savent les séduire pour venir jouer dans ce lieu ou une cinquantaine de bénévoles et de professionnels les ont chouchoutés et ont mis à disposition les outils nécessaires.  Et le mérite de tous – y compris des spectateurs – a été grand, toutes les représentations se sont faites dans les jours les plus chauds de la période de canicule.

 

 Mermed   1 au 7 Août 2018

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article