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Publié par Dogberry

	 Maurits Cornelis Escher Date	 1960

Maurits Cornelis Escher Date 1960

 

 

 

 

Dans l’attente de la venue de l’immense poète Serguei VLADISTAK, dans le courant de l’automne, nous présenterons chaque semaine cette Boldavie trop méconnue.

C’est monsieur Francis C. – un des trois français du vingtième siècle parlant le Boldave – qui nous aidera dans cette tâche, ardue, certes, mais oh combien passionnante.

 

Francis C. personnage passionnant, peu interlope quoique profondément hétérosexuel, a consacré sa vie à l’étude de la Boldavie, de ses artistes et de son histoire. Le professeur Gérard de Sessil lui a montré le chemin et beaucoup de spécialistes estiment désormais que Francis C. est son héritier autant qu’un innovateur.

On dit, Francis C. le reconnaît, si l’on entre dans son intimité, que c’est l’expérience qu’il eut avec une jeune Boldave (A.B.) qui le poussa vers une vie d’études entièrement consacrées au pays de son premier – et seul – amour.

On lui doit certaines des études les plus pertinentes sur ce pays, ainsi qu’un très beau roman:

Quand reverrai-je ma Boldave? (éd. Franco-Boldave, 1937)

 

 

Aperçu géographique de la Boldavie

 

Un pays battu de vents inconnus, une vaste plaine bordée au nord par une immense faille rocheuse infranchissable, parfaite frontière; en son centre, une mer intérieure, la mer d’Aeragsil, qui porte le même nom que le grand port du pays, qui est en même temps la capitale.

Au sud, une grande barrière de montagnes, les Monts de la Sérénité, marque la frontière avec l’etranger.300000 km2, quelques 8000 000 habitants, dont les deux tiers habitent la capitale et les ports voisins.

Le reste de la population vit pour moitié de la culture des plaines du Nord et pour moitié de l’exploitation des mines des Monts de la Sérénité où a été découvert ce fameux minerai le Zoldag – du nom de l’ingénieur Ivan Zoldago (1837-1902) qui est utilisé de manière universelle et qui contribue très largement à l’harmonieux développement économique du pays.

Notre Serguei VLADISTACK a chanté les durs efforts des mineurs dans ces vers inoubliables:

 

Oh, toi mon semblable, mon frère,

Mineur

Toi qui me ressembles

Toi qui me donnes l’espoir

Saches qu’avec toi

Je partage la dureté

De ton origine

 

Soit en transcription yinpni:

 

!! Iot omo blabenso moi frerot

diggio

moi sempr

tio piorse dame

save que tiocon

shario rudestion

deles tue iogine

 

Oh, toi mon semblable, mon frère,

Mineur

Toi qui me ressembles

Toi qui me donnes l’espoir

Saches qu’avec toi

Je partage la dureté

De ton origine

(trad. Francis C.)

 

Les renseignements géographiques sont peu nombreux, peu précis, hélas….

Ainsi que vous le savez la Boldavie est interdite depuis la révolution anarchiste d’août 1724 aux étrangers; par ailleurs les ondes émises par le Zoldag empêchent tout survol par les avions et protègent le pays de toutes photos prises par les satellites.

Malgré ces interdictions, nous avons pu rassembler ces renseignements et vous procurer cette carte et ces aperçus grâce au courage et à la mémoire de Francis C. et au talent de Vincent C.

 

 

Brève histoire de la Boldavie

 

Au début, il n’y avait qu’un mot, un nom, Boldavie et ce nom a provoqué la peur dans tout l’occident pendant des siècles. Des cavaliers étranges poussés par des vents inconnus avaient envahi la plus grande part de la chrétienté. Ils avaient rasé des châteaux, brûlé des villes; ils tuaient les hommes, emmenaient les femmes les plus jeunes. Et puis, du jour au lendemain, ils disparurent et on ne les revit jamais (1), mais la peur était encore dans tous les esprits, et elle allait y rester longtemps, à tel point que quelques siècles plus tard, à la veille de la renaissance anglaise, on jouait avec beaucoup de succès une pièce du grand dramaturge Philips: Marletan, du nom du fameux chef de guerre Boldave.

Au treizième siècle, un roi Boldave Laibuik II décida de cesser toutes ces campagnes d’invasion et de fermer la Boldavie au monde extérieur, ce que la géographie du pays rendait aisé. Le tunnel qui avait été creusé des siècles auparavant sous les Monts de la Sérénité fut colmaté et la Boldavie se renferma sur elle-même.

Le monde n’en entendit plus parler jusqu’au mois d’août 1724. A cette époque le souverain était la jeune reine Bailiti qui selon la loi Boldave avait succédé à son père cinq ans plus tôt, étant l’aînée des enfants. Son père l’avait donnée en mariage quelques mois avant de mourir au vieux prince Boltidok, mariage politique, le roi espèrent par cette union, mettre fin à la tension qui prévalait depuis longtemps entre la capitale et les espaces montagneux qui étaient sous la coupe de Boltidok. Ce plan s’avéra un succès, en revanche la jeune princesse puis reine Bailiti ne trouvait pas dans cette union l’harmonie à laquelle elle aspirait. Aussi céda t’elle un jour à l’un de ses gardes du corps qui sut s’en occuper – de son corps à elle. Elle y prit goût et décida de tester un à un (le multi partenariat dans une unité spatio-temporelle n’est pas pratiqué en Boldavie) tous les hommes du pays et de faire de celui qui lui ferait connaître les galaxies et le cosmos, le roi de Boldavie pour lequel elle abdiqua, ce qui devint la base de la constitution anarcho-monarchiste du pays, constitution toujours en vigueur aujourd’hui. L’aîné des enfants du couple royal quel que soit son sexe se soumet à cette initiation et cède son poste à celui ou celle de Boldaves qui l’amène aux portes de l’infini. (2)

Depuis 1724 et cette grande révolution, le fait le plus marquant fut la décision prise par le roi Bilauki en 1875 de faire explorer les possibilités minières des Monts de la Sérénité, ce qui permit à l’ingénieur Zoldago de découvrir ce fameux minerai que le pays reconnaissant décida de nommer le Zoldag et qui par son utilisation universelle a fait la fortune du pays et de tous ses habitants, permettant ainsi au pays de vivre en totale autarcie.

 

 

(1) nous consacrerons un chapitre aux raisons de cette disparition

 

(2) on nous a rapporté que cette coutume – qui présente l’avantage pour le souverain de connaître environ la moitié de la population de son royaume – a été adoptée et perdure dans certains royaumes.

 

 

La constitution Boldave

 

Comme chacun le sait, c’est la constitution Boldave qui a inspiré la déclaration d’indépendance américaine (1776) et la révolution française.

Les écrits du très grand philosophe et théologien Boldave Handlouk (1325’1402) sont à la base de la réflexion des rédacteurs de la constitution de 1725, réunis par la jeune reine Bailiti.

Quelles en sont les grandes lignes?

C’est d’abord l’égalité absolue entre tous les individus quels que soient leur âge, leur sexe ou leur origine sociale.

C’est aussi l’affirmation de la capacité de chacun et donc, dans l’esprit de Handlouk de tous de gouverner sa propre vie, et dans le même temps le refus que les autres se mêlent de la conduite de la vie de l’individu.

Dans ces conditions, devant un tel refus d’une autorité séculière, seule l’anarchie était la voie à suivre – anarchie – henarcai en Boldave – qui s’est développée jusqu’à nos jours entraînant dans son sillage les grands mouvements anarchistes du dix neuvième siècle, ainsi que leurs enfants adultérins, lesd mouvements révolutionnaires. Ces mouvements n’ont pas été sans influence la pensée de certains chefs de gouvernements occidentaux – on pense bien sûr à l’émouvante confession de L.J.

 

Concrètement,

D’une part la royauté a été conservée par ce peuple profondément religieux, affirmant ainsi une présence suprème qui à défaut de garantir un après paisible et divin, offre pendant une année le plaisir suprème au corps de celle ou celui qui l’a sélectionné.

A côté de la royauté qui ne traite que de l’âme et du corps (1) existe l’assemblée de tous les boldaves qui prennent ensemble les décisions d’ordre général qui au cours des siècles se sont limitées à une seule: la fixation du cours du Zoldag.

La police est inutile, l’éducation est l’affaire des parents, les travaux d’interêt ^public sont financés et exécutés par ceux qui en ont besoin, ce qui est facilité par l’absence de proprièté individuelle du sol.

 

(1) on se souvient de la mélodie Body and Soul de John Green et Edward Heyman composée en hommage à la Boldavie, mélodie remarquablement interprètée par Coleman Hawkins au saxo ténor en 1939 et par Ella Fitzgerald au Freebody park de Newport (Rhode Island) en 1957.

 

 

Un amour Boldave

 

Chacun se souvient du très attachant, du très beau livre de Francis C. Quand reverrai-je ma Boldave?

Cet hymne délicat – quoique parfois cru – mais dans lequel l’érotisme est transfiguré par Francis C. en un hymne universel et une fusion de l’âme par l’apaisement des passions des corps, cet hymne disions nous a été écrit dans une langue magnifique, mais dans combien de douleurs…

Francis C. avec la pudeur qu’on lui connaît refuse de le dire mais on sent sous cette prose trop travaillée pour avoir été écrite dans le bonheur, toute la mélancolie d’un être habitué à fréquenter les sommets.

Francis C., on le sait, par delà l’immense savant connaisseur oh combien subtil et pénétrant de la Boldavie dans tous ses aspects – connaissance d’une telle largeur, d’une telle densité qu’on a pu dire de lui qu’il est le Pic de la Mirandole du vingtième siècle Boldave – eh bien, Francis C. est aussi ou devrions nous dire avant tout un homme dans lequel bat un cœur qui il y a quelques années s’était tourné vers une jeune Boldave dont nous ne connaissons que les initiales A.B. mais ces initiales sont déjà un programme. Une rencontre brève mais d’une telle intensité que cet homme, à l’apparence dure et sévère en reste encore marqué.

La mélancolie d’un esprit trop fier, trop digne et trop blessé par une rencontre que les réalités politique (et également la réalité conjugale de Francis C.) n’ont pas permis de rendre cette histoire aussi étenelle que les amours de Tristan et Iseult ou ceux de Félicie Morsmoilà et de Raymond Jeteveu. Quel musicien saura comme Wagner chanter cet amour à la fois accompli et inachevé?

 

Une source qui préfère rester anonyme, nous a confié un cliché représentant A.B., l’ amour Boldave; on est bien loin du cliché dérobé par un quelconque chasseur de sensationnel, on est dans l’œil épris de Francis C. qui tenait l’appareil. A l’exception de cette photo, on ne sait rien de cette femme, Francis C. ayant préféré célébrer l’universalité de l’amour et e plaisir des sens plutôt que d’entrer dans la banalité des événements d’une vie.

 

On constate néanmoins que cette jeune femme, au type Boldave très marqué, était d’une grande beauté, et que les plaisirs de la nuit ont pris le pas sur les plages de repos.

Francis C., c’est clair, n’a pas menti dans son si beau roman.

 

 

 

La religion Boldave

 

Le père de la religion chrétienne, comme on le sait, était le chef des Esséniens connu sous le nom du Maître de Justice (Moré Hassedeq), qui vivait environ un demi-siècle avant le Christ, à qui son enseignement fut transmis par un Essénien, Jean Baptiste.

Ce que l’on sait moins, c’est que Jean Baptiste avait un autre disciple qui se nommait Boldo (1);

Le jour où Salomé – this bloody bitch – obtint la tête de Jean, Boldo réussit à quitter la Palestine et il se dirigea vers l’Est. Il marcha des jours, des mois, des années et arrivant en vue d’une falaise infranchissable, il décida d’essayer de la gravir, persuadé que de l’autre côté il trouverait la terre où il pourrait en toute sécurité transmettre l’enseignement du Maître de Justice.

Il réussit effectivement à gravir cette falaise – un aplomb totalement lisse de plus de 3500 mètres sur laquelle tous les plus grands alpinistes modernes se sont retrouvés en perdition (on se souvient des drames survenus en 1957 ou en 2001 et des pertes dramatiques des alpinistes JC Montelao, Gédéon Cebolao et leurs compagnons). Cette ascension qui, pour Boldo, avait été précédée de trente jours de jeunes et de prières, explique l’accueil qu’il reçut; sa légende se développa, Boldo avait été hissé au sommet de la montagne par le souffle de Dieu.

 

De l’autre côté de cette montagne il trouva le paysage le plus sublime, peuplé des gens les plus doux et les plus hospitaliers. Après quelques mois, parlant couramment le Boldave, il commença

Son enseignement et créa la première église Boldave. Cet enseignement trouvait un terrain d’autant plus favorable que depuis des siècles les habitants attendaient confusément la venue d’un prophète (2).

 

 

Quand reverrai-je ma Boldave?

Francis C.Ed. (Franco-Boldave 1937)

 

 

Ce magnifique roman autant autobiographique qu’émouvant est souvent – mais n’est ce pas le cas de toutes les grandes déclarations d’amour? écrit dans une langue crue qui sait rester poétique mais peut tout de même choquer le lecteur non au fait des pratiques amoureuses Boldave.

Aussi dans sa grande sagesse, l’auteur nous a-t-il conseillé de publier un extrait de son beau roman en Boldave.

Voici ce passage, choisi par Francis C. lui-même et qui se situe au moment où le héros rencontre A.B. (la jeune Boldave) dans le train qui relie la capitale aux mines de Zoldag.

L’extrait commence ainsi:

'Soudain, au milieu du tunnel, la lumière de notre compartiment s’éteint; nous étions seuls dans le wagon…'

La suite est en Boldave:

Ce magnifique roman autant autobiographique qu’émouvant est souvent – mais n’est ce pas le cas de toutes les grandes déclarations d’amour? écrit dans une langue crue qui sait rester poètique mais peut tout de même choquer le lecteur non au fait des pratiques amoureuses Boldaves.

Aussi dans sa grande sagesse, l’auteur nous a-t-il conseillé de publier un extrait de son beau roman en Boldave.

Voici ce passage, choisi par Francis C. lui-même et qui se situe au moment oùle héros rencontre A.B. (la jeune Boldave) dans le train qui relei la capitale aux mines de Zoldag.

L’extrait commence ainsi:

'soudain, au milieu du tunnel, la lumière de notre compartiment s’éteint; nous étions seuls dans le wagon…'

la suite est en Boldave:

 

La crudité des termes, la singularité de la situation ne font pas oublier la très grande qualité littéraire du texte que nous l’espérons vous avez appréciée.

 

 

 

La sagesse populaire Boldave

 

On le sait, le Christ après être ressuscité était parti vers l’Est sur les traces de Boldo, qu’il retrouva – ce qui lui était facile, beaucoup plus facile que ça ne l’avait été pour Boldo de trouver notre chère Boldavie, sa famille était en mesure de l’aider et la nature bienveillante l’avait doté de quelques dons. Il retrouva donc Boldo et ils partirent ensemble toujours vers l’Est, Boldo l’accompagna jusqu’au bord du Gange; nous reviendrons plus loin sur ce séjour en Inde.

Ils passèrent quelques mois ensemble puis Boldo revint en Boldavie tandis que le Christ continuait son chemin vers l’Est. Après avoir traversé des pays, puis une mer il arriva dans le Nord du Japon, où il mourut et sa tombe reçoit chaque année la visite de milliers de pèlerins.

 

Revenons sur ce séjour en Inde, Boldo dispensa là aussi son enseignement et les hindous reconnurent en Boldo celui qu’ils attendaient, Bouddha. On le sait depuis les travaux de notre regretté professeur Raymond Tulesé, en indo-européen la syllabe ol précédent un d se prononce ou et le o final derrière un D se prononce a, Boldo était donc bien Bouddha, même de nom. Certains ont avancé l’idée – mais ce n’est là qu’une hypothèse, et en ce qui nous concerne elle semble bien légère compte tenu de la qualité de ces deux hommes – que le Christ, jaloux de la trop grande popularité de Boldo en prit ombrage et ceci expliquerait son départ vers le Japon – chacun reste libre de croire ou non cette version, que seule l’impulsivité du Christ pourrait accréditer.

 

Cette longue digression était nécessaire pour bien comprendre que de Boldo à Bouddha il n’y avait qu’un écart de prononciation, et que du bouddhisme au Zen, il n’y a que la mer de Chine. On comprend mieux la parenté des proverbes Boldave de des koans zen.

 

Ainsi parmi tant d’autres, quelques proverbes ancestraux:

 

'Quand on voit ce qu’on voit et qu’on entend ce qu’on entend, on est content de penser ce qu’on pense.'

'Si ton linge est sale, lave le.'

'Neige en Novembre, Noël en décembre.'

 

Ces quelques exemples vous donneront le goût de vous reporter au très beau livre du professeur Gédéon Groidenlabègnoir: Du proverbe Boldave au koan Zen (Ed. de l’Est 1907)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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