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Publié par Mermed

Ossip, tel qu'en lui-même  1891 - 1938

Ossip, tel qu'en lui-même 1891 - 1938

Il ne savait que faire de ce corps, Ossip

homme égaré de lui-même

splendide de pauvreté,

miséreux somptueux,

parmi les juifs qui chantaient dans le temple en flammes,

entre le dernier râle d’ un coq grec

et le triple chant du coq de Jérusalem.

Trouver le mot perdu

dans le frémissement de l’air,

où pas un mot ne vaut mieux que l’autre.

Le soleil noir,

sur la place noire du Kremlin

pour ce frère en exil d’Ovide,

exilé celui qui ne fut jamais le contemporain de personne,

celui qui, camisolé,

défie le temps

pour lire les livres rationnés

et retrouvé le verbe égaré qui

instruisit les premiers hommes;

et donner son âme pour une parole

à jamais dans la bibliothèque de notre mémoire.

 

 

Nous écouterons les chants juifs qui accompagnent Ossip Mandelstam vers le camp de triage de la presque’ île de Kolyma, dernière étape de douleur et nous boirons notre chagrin jusqu’à la dernière gorgée, à Moscou.

 

Les poèmes qui m’ont accompagné: What shall I do with this body they gave me, Le 1° janvier 1924, This night is irredeemable, J’ai oublié le mot…, Celui qui trouve un fer à cheval, Non, je ne fus jamais le contemporain de personne, Minuit dans Moscou, Arménie

Tristia et autres Poèmes (Poésie Gallimard; tr. François Kérel) The Selected Poems of Osip Mandelstam (New York Review Books Classics tr..W. S. Merwin Clarence Brown )

 

 

 

© Mermed 

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