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Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

Sonnet 44

Loin, peut-être...

Loin, peut-être...

If the dull substance of my flesh were thought,
Injurious distance should not stop my way;
For then despite of space I would be brought,
From limits far remote, where thou dost stay.
No matter then although my foot did stand
Upon the farthest earth removed from thee;
For nimble thought can jump both sea and land
As soon as think the place where he would be.
But ah! thought kills me that I am not thought,
To leap large lengths of miles when thou art gone,
But that, so much of earth and water wrought,
I must attend time's leisure with my moan,
Receiving nought by elements so slow
But heavy tears, badges of either's woe.
 
Si ma triste chair était une pensée,
l’éloignement pénible ne m’arrêterait point;
en dépit de la distance, je viendrais
là où tu es, de mes confins lointains.
Et si alors, j’ai les pieds sur la terre
la plus loin de toi, quelle importance!
souple, la pensée enjambe terres et mers
pour être où elle veut si vite qu’elle y pense.
Penser ne pas être une pensée me tue -
je pourrais franchir les lieues jusqu’à toi -
Mais fait d’eau et de terre, il m’a fallu
l’accord du temps; j’étais en plein désarroi.
Je ne reçois de ces éléments si lents
rien que les gros sanglots de deux tourments.
© Mermed 2014-2015
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