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Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

Hafiz

Hafez de son vrai nom Khouajeh Chams ad-Din Mohamma (né vers 13251 à Chiraz  et mort à l'âge de 64 ans, probablement en 1389 ou 1390).  Hafez est un mot arabe, signifiant littéralement « gardien » qui sert à désigner les personnes ayant « gardé », c'est-à-dire appris par cœur l'intégralité du Coran.

Hafez de son vrai nom Khouajeh Chams ad-Din Mohamma (né vers 13251 à Chiraz et mort à l'âge de 64 ans, probablement en 1389 ou 1390). Hafez est un mot arabe, signifiant littéralement « gardien » qui sert à désigner les personnes ayant « gardé », c'est-à-dire appris par cœur l'intégralité du Coran.

 

C'est une légende, mais elle s'appuie sur la vérité de Hafiz.

En Décembre 1387, Tamerlan, le sinistre, le féroce, celui qui attelait Bajazet à son char - nous dit Christopher Marlowe – s'empara de Shiraz, et là, il se fit amener Hafiz qui avait osé écrire :

'Si ,la jeune fille Turque acceptait ma main,

je lui donnerais Boukhara pour la fossette de sa joue,

ou Samarcande.'

'Avec mon sabre de lumière', hurla Tamerlan, 'j'ai soumis la plus grande part du monde connu, et toi, un misérable poète, tu donnerais la ville où je suis né, cette ville qui est la capitale de mon empire, pour la fossette sur la joue d'une fille !'

En se prosternant, Hafiz répondit : 'c'est un échange si extravagant que j'en suis réduit à la triste situation où je suis maintenant.'

Tamerlan fut enchanté de la réponse, et laissa partir Hafiz, en lui faisant un cadeau.

 

J'ai fait un poème d'une partie des poèmes de Hafiz.

 

Toi, qui as vécu, accroché à la tige d'une rose,

et donné la lumière et des yeux aux mots,

as-tu perçu un signe

qui t'as envoyé sur cette voie?

Personne n'a su

jusqu'à maintenant où aller,

et j'ai entendu mon ami dire

ce qui ne doit pas être dit.

Pauvre Hafiz; continue d'user des mots,

ces mots qui sont ta seule maison,

car, sur cette planète,

la seule forme de vie

est celle qui naît des poèmes,

jamais de celle de la pauvre philosophie -

si loin des réalités.

Longtemps, je n'ai été vêtu que de néant,

moi, Hafiz, qui connaît le Coran par coeur,

et qui ne suis qu'un buveur de lie,

moi qui suis devenu le meilleur espion de Dieu,

et qui sais qu'il est fini le temps pour dire

ce qui est le bien, ce qui est le mal,

ce qui est juste ou ce qui est faux;

poussé à l'adultère, j'ai quitté le lit de la peur,

quand je nageais dans un poème,

quand je lui parlais à ce poème

et qu'il me répondait souvent:

'tu sais qui tu es,

tu es celui qui sera toujours entre

cette page et les hommes.'

 

J'ai traduit ses vers de l'Anglais – il est une excellente traduction française, Divân, traduction et commentaires par Charles-Henri de Fouchécour, Editions Verdier, 2006 ;

mais j'aime à lire les poètes qui écrivent dans une langue que je ne connais pas, dans une langue étrangère – la dimension poètique est pour moi plus perceptible – c'est à dire qu'elle s'impose plus à moi qu'en Français.

The Gift une interprétation poétique des poèmes de Hafiz, par Daniel Ladinsky (Penguin Compass, 1999) ,  les traductions de Coleman Barks dans The Hand of Poetry/five mystic poets of Persia (livre dans lequel cinq poètes sufis – Sanai, Attar, Rumi, Saadi et Hafiz – sont présentés par Hazrat Inayat Khan, Omega publications, 2011) et les traductions de Paul Smith ( Divan of Hafiz)

© Mermed

 

 

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