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Publié par Mermed

Ford Mustang 1967

Ford Mustang 1967

 

J’ai terminé de lire un roman,

j’écoute Body and Soul

et d’autres ténors aussi

avec Gentleman Jim,

 

les portes du temps s’ouvrent

derrière l’hôtel de ville;

il y a une mustang gagnée aux dés,une nuit

sur le coin du comptoir d’un bar;

et aussi une fille qui propose sa voiture pour partir;

un homme qui ressemble à un Charles Laughton décavé,

dans un appartement du seizième

où il n’y a plus que la table légale et les chaises tout autant,

qui s’appelle…

d’un nom qui parait  surgir du temps,

Monsieur Samson,

entre deux affaires toujours;

et un tableau de Chirico;

et une autre partie,

cette fois de cartes,

et un des garçons qui ne peut pas payer

mais promet,

et il tient sa promesse,

restaurant d’abord,

puis, voilà la somme due,

importante et doublée,

mais il faut aller derrière la mairie,

un avocat radié,

quatre DS noires qui foncent,

une expédition dans une petite ville à côté de la grande pour provoquer,

sans aucun résultat;

et puis la nièce d’un ancien président (du conseil, disait-on alors),

un vieux beau,

une putain pour décider à passer des semaines dans un presque désert,

pour établir des listes de scrapers, de bulldozers, de péniches, d’avions, de jeeps, de compresseurs qui vont être rachetées à un vieux nazi,

après avoir servi à déplacer des monuments,

des temples pour faire place à un barrage,

où pour arriver,  à l’aéroport on est accueilli par l’homme le plus vieux du monde -

dit-il, né du temps de Bonaparte

et qui a des cartes de visite

pour un dollar qu’il vous les montre,

lord Kitchener, Charles Gordon, la reine Victoria,  Hailé Sélassié, le prêtre Jean, non pas lui…

ily a aussi une fille en noir…

qui revient

en même temps que ce garçon qui tombe.

 

et le livre se referme

avec les clefs des portes de la mémoire.

 

 

En lisant l’Herbe des Nuits de Patrick Modiano

 

©Mermed

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