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Publié par Mermed

Varius Avitus Bassianus ou Héliogabale, ou Elagabalus ou Elagabal, né en 203, mort en 222; empereur de 218 à 222.

Varius Avitus Bassianus ou Héliogabale, ou Elagabalus ou Elagabal, né en 203, mort en 222; empereur de 218 à 222.

 

 

Hérodian et aussi Edward Gibbon,

me font revivre dans vos mémoires,

et avec moi les empereurs Néron

ou Caracalla… Dans les vieux grimoires

de vos greniers vous lirez leur histoire                            

et la mienne et comment de Varius                        

je devins l’empereur Elagabulus.

 

À l’âge où l’on va encore à l’école,

des lambeaux de Rome j‘étais l‘empereur;

chaque sept jours j’allais sous la coupole

du sénat, comme un improbable acteur

qui se pavane pour ses adulateurs,

offert à tous, catin fardée soutenue

sur mon char par sept vierges nues.

 

Et ils m’attendaient les teens en transes,

comme une extravagante drag queen,

moi, empereur de Rome, premier trans;

j’étais le soleil de ma vie divine

rythmée par les lignes de cocaïne

pour supporter la greffe du vagin

qui me ferait roi de toutes les putains. 

 

Je disais les noms, urbi et orbi,

de mes cinq femmes, le nom de mon mari, 

l’esclave Hierocles de Carie;

j’étais sa chose, à lui toujours soumis,

en pensées le jour, dans son lit la nuit.

Je chérissais les rêves de désir

avant les petites morts du plaisir.                                    

 

Grand prêtre du temple en Emesene,

je voulus être l’époux de Tanit 

la déesse, Vénus Carthagène,

et celui de la vestale de granit

à qui en de sélénites coïtes

réservés aux accouplements divins

j’aurais fait des enfants presque humains.

 

C’est ce voulait mon âme virginale;

je ne fus que la gouape racoleuse

devant le bordel international,

cette métamorphose luxurieuse

de mon palais, résidence luxueuse

où je vivais dans un cauchemar d’Éros,

rêve de Cupidon sur son lit de roses.

 

En  Mars, quelque jours avant les Ides,

j’avais dix-huit ans, c’était en vingt deux

du second siècle, des soldats apatrides

me pénétrèrent de leurs dards furieux

mettant un terme à mes jours licencieux.

Les eaux du Tibre nous charrièrent en enfer

moi, à peine ado, et avec moi, ma mère.

 

Et maintenant que le monde a vieilli,

moi, prêtre du soleil et dépravé                             

tel que j’étais dans cet empire ramolli                   

le temps à travers les âges m’a laissé,                    

en l’innocence de ma lascivité;                      

les vieux acheteurs de lubricité.                            

jalousent tous ma vraie ambigüité.                         

 

© Mermed

 

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