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Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

Mets du son

Partition de Aria par John Cage

Partition de Aria par John Cage

Tant d’écrivains ont écrit des œuvres importantes dans le son familier des cafés, que, nous prenant pour un autre nous avons griffonné quelques lignes pataudes dans ces conditions. Nous tentons aujourd’hui de les écrire ces lignes dans un univers où chaque évènement - toujours insignifiant - prend des proportions sonores extravagantes et porteuses de périls.
Mais la tension, le risque d’embrasement ne sont que vétilles à côté des mots ‘mets du son’ qui entraînent le déchaînement maximum du rap et autres découvertes du début du siècle. On se plonge aussitôt - on y est souvent déjà - dans un univers musical choisi par deux ou trois stations de radio. Nous aimerions entendre Valse Triste, quelle chance, elle est diffusée. L’enregistrement que nous possédons (Sibelius, Karajan et Berlin). Jamais on ne l’avait écoutée aussi fort cette valse envahissante. On aimerait écouter les Suites pour violoncelle seul avec en arrière fond - puisque l’on en a un ici - les breaks de Charlie Parker ou les solos de Byrd qui s’appuieraient sur les suites de Jean Sébastien - au passage on se souvient que l’on a souvent essayé de réunir les deux musiciens en d’autre lieux , ces deux là ont toute la musique en commun. Mais ici, le rap ou le r’n’b sont le fonds sonore et même avec le volume maximum dans l’oreillette, le violoncelle a moins de coffre que ces jeunes gens qui s’époumone avec entêtement. Voici une sonate pour violon de Haydn - musicien que nous n’apprécions guère jusqu’alors. Elle est suivie d’une autre sonate de Prokofiev, et puis Schönberg et l’innovant Pierrot lunaire.
Toutes ces musiques , le jour nous isolent, nous apportent des sons familiers et l’on peut alors, pardon Messieurs les musiciens, lire ou écrire, protégés du vacarme extérieur. Imaginez Chopin protégeant un détenu…et pourtant…
On peut aussi se mé-prenant pour John Cage, écrire une partition qui n’a d’autre sens que de nous ramener à certaines de nos obsessions.
Et puis la nuit, on se réveille tôt, et on a pour soi seul - c’est le cadeau du casque - Norma ou un récital da Maria Callas à Athènes en Août 1957. Nous ressentons alors la musique comme jamais auparavant dans cette Nuit transfigurée.
 
(écrit de prison)
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