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Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

Sonnet 126

Deux vers blancs en parenthèse...

Deux vers blancs en parenthèse...

O thou, my lovely boy, who in thy power
Dost hold Time's fickle glass, his sickle,hour;

Who hast by waning grown, and therein showest
Thy lovers withering, as thy sweet self growest.

If Nature, sovereign mistress over wrack,
As thou goest onwards still will pluck thee back,

She keeps thee to this purpose, that her skill
May time disgrace and wretched minutes kill.

Yet fear her, O thou minion of her pleasure!
She may detain, but not still keep, her treasure:

Her audit (though delayed) answered must be,
And her quietus is to render thee.

( )
( )

 

Toi, cher garçon, tu tiens en ton pouvoir

le Temps fourbe, sa faux, son terme, son miroir;

 

Tu grandis en ton déclin, montrant ainsi

tes amis flétris quand tu t'épanouis.

 

la nature, suprême maîtresse de la fin,

quand tu t'en approches, te rejette au loin,

 

elle montre ainsi qu'elle a le savoir-faire

d'évincer le temps et tuer l'heure vulgaire.

 

Crains-la, toi le mignon de son plaisir!

elle n'a pas ce trésor qu'elle peut détenir.

 

Son audit (même tard) doit être entendu,

et son quitus est que tu sois rendu.

 

( )

( )

 

Il n'y avait pas assez de mystères,

tous les mots de mes sonnets étaient clairs,

j'ai alors voulu écrire ces deux vers -

 

néant compris entre deux parenthèses -

je tissais les trames des hypothèses

qui seraient élaborées dans les thèses.

 

J'ai voulu ouvrir à tous les possibles -

ainsi que vous le dites - mes impassibles

silences, pour qu'ils soient compréhensibles,

 

tels qu'en eux-mêmes chacun les imagine;

pour trouver ma pensée à l'origine,

quand je soignais mes angines à coups de gin.

 

Erreur, ces deux vers totalement blancs?

Ou disaient-ils le nom de mon amant -

supposé ou réel – noble ou manant?

 

Ou bien simple fantaisie du hasard,

quand le prote de mon éditeur Jaggard

voulut à mes sonnets avoir sa part?

 

À moins qu'ils soient la suite des trois sonnets

précédents, que j'aie ici remplacé

les trois 'non' par une offre de liberté;

 

ils peuvent être rappel amphibologique -

O combien! du grand climatérique,

pour ce qui peut être mon carré magique...

 

Peignez, Ophélie, peignez les désespoirs

sur la toile étoilées de vos nuits noires,

et nagez dans mes sonnets jusqu'au soir.

 

(Grand merci, Arthur)

 

 

© Mermed 2014-2015

 

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