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Publié par Mermed

Jon Kalman Stefansson         Ásta

They put a spell on me,

tous, ils m’ont envoûté les gens de ‘ce pays dans lequel on écrivait des lignes grandioses

quand l'Europe parlait le langage des esclaves’,(1)

ce pays que je parcours une fois encore,

cette fois-ci dans des mots - comme souvent...

Je me promène dans cette forêt de mots,

 

des mots immenses, quand je suis dans les fjords de l’Ouest, là où la vie ne dépend que de

la quantité de foin, de poissons et de poésie, celle de Hallgrimsson ou de Cavafis,

 

des mots bouleversants, et j’écoute le vieux Markus qui chante avec sa fille,

et je retrouve dans ce salon Lear et Cordelia dans leur prison,

‘We two alone will sing like birds i' the cage,

and take upon's the mystery of things,as if we were God's spies...’

(tous deux ensemble nous chanterons comme des oiseaux en cage, et nous expliquerons les mystères des choses, comme si nous étions les espions des dieux),

 

des mots déchirants quand je lis la lettre de Josef, et que Chet Baker souffle ses peurs.

 

La mémoire est un lieu mystérieux où les souvenirs se succèdent constamment,

pour les jours à venir la mienne ne sera remplie que des émotions d’Asta,

l’émotion de ses lettres à la mort de l’amour…

 

Hélas, le dernier mot arrive,

J’avais bien cru que je l’avais laissé loin derrière moi,

Il m’a rejoint, et … ne reste que le souvenir de nostalgies que j’ignorais avoir en moi,

 

et Sigvaldi agonise encore à mes pieds et continue de me dire son histoire.

 

(1) Halldor Laxness La Cloche d’Islande

 

Ásta Jón Kalman Stefánsson traduction Eric Boury


© Mermed 1 Janvier 2019


 

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