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Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

Venus and Adonis strophes 46-55

BOL, Ferdinand Venus et Adonis vers 1658

BOL, Ferdinand Venus et Adonis vers 1658

His ears up-prick'd; his braided hanging mane

Upon his compass'd crest now stand on end;

His nostrils drink the air, and forth again,

As from a furnace, vapours doth he send:

His eye, which scornfully glisters like fire,

Shows his hot courage and his high desire.

 

Sometime he trots, as if he told the steps,

With gentle majesty and modest pride;

Anon he rears upright, curvets and leaps,

As who should say, 'Lo! thus my strength is tried;

And this I do to captivate the eye

Of the fair breeder that is standing by.'

 

What recketh he his rider's angry stir,

His flattering 'Holla', or his 'Stand, I say'?

What cares he now for curb or pricking spur?

For rich caparisons or trapping gay?

He sees his love, and nothing else he sees,

Nor nothing else with his proud sight agrees.

 

Look, when a painter would surpass the life,

In limning out a well-proportion'd steed,

His art with nature's workmanship at strife,

As if the dead the living should exceed;

So did this horse excel a common one,

In shape, in courage, colour, pace and bone.

 

Round-hoof'd, short-jointed, fetlocks shag and long,

Broad breast, full eye, small head, and nostril wide,

High crest, short ears, straight legs and passing strong,

Thin mane, thick tail, broad buttock, tender hide:

Look, what a horse should have he did not lack,

Save a proud rider on so proud a back.

 

Sometimes he scuds far off, and there he stares;

Anon he starts at stirring of a feather;

To bid the wind a base he now prepares,

And whe'r he run or fly they know not whether;

For through his mane and tail the high wind sings,

Fanning the hairs, who wave like feather'd wings.

 

He looks upon his love, and neighs unto her;

She answers him as if she knew his mind;

Being proud, as females are, to see him woo her,

She puts on outward strangeness, seems unkind,

Spurns at his love and scorns the heat he feels,

Beating his kind embracements with her heels.

 

Then, like a melancholy malcontent,

He vails his tail, that, like a falling plume,

Cool shadow to his melting buttock lent:

He stamps, and bites the poor flies in his fume.

His love, perceiving how he is enrag'd,

Grew kinder, and his fury was assuag'd.

 

His testy master goeth about to take him;

When lo! the unback'd breeder, full of fear,

Jealous of catching, swiftly doth forsake him,

With her the horse, and left Adonis there:

As they were mad, unto the wood they hie them,

Outstripping crows that strive to overfly them.

 

All swoln with chafing, down Adonis sits,

Banning his boisterous and unruly beast:

And now the happy season once more fits,

That love-sick Love by pleading may be blest;

For lovers say, the heart hath treble wrong

When it is barr'd the aidance of the tongue.

 

 

Oreilles dressées, sa crinière tressée

qui retombe sur son cou qu‘elle recouvrait;

ses narines aspirent l’air, et envoient des

vapeurs comme une fournaise le ferait:

son œil, brille, dédaigneux, comme du feu,

il montre son cran et son désir fougueux.

 

Parfois, comme comptant ses pas, il trotte,

majesté sereine et modeste fierté;

puis il se cabre, fait des courbettes et saute,

comme pour dire, ‘ voyez ma solidité;

je fais cela pour capter le regard

de la belle jument ici par hasard.

 

Qu’importe la colère de son cavalier,

son ’Holà’ enjôleur, son ’viens ici’

qu’importent les rênes, l’éperon acéré,

comme le riche harnachement, si joli;

il voit l’amour rien ne peut être mieux,

rien d’autre ne plaît à son œil orgueilleux.

 

Vois, quand un peintre veut surpasser la vie,

en peignant un coursier munificent,

son art avec la nature est en conflit,

comme si le mort surpassait le vivant;

il l’emportait sur un cheval ordinaire,

en formes, courage, couleur, vigueur, air.

 

Large poitrail, court-jointé, nez large, sabot rond

œil étoffé, solide naseau, tête étroite,

col haut, petites oreilles, fine crinière, fanons longs,

queue fournie, belle croupe, jambes fortes et droites

Il a tout ce qu’un cheval devrait posséder,

sauf sur un dos si fier un fier cavalier.

 

Parfois il file loin, là, avec surprise,

il regarde; puis une feuille bouge, il repart;

il se prépare à affronter la brise,

galop ou vol, on ne sait faire la part;

entre crinière et queue le vent est un chant,

ses poils flottent comme des plumes au vent.

 

Il hennit pour son amour qu’il contemple,

elle lui répond comme en sachant son âme;

fière, comme toute femme, qu’il la complimente,

elle est capricieuse, joue la méchante dame,

fait fi de son amour, dédaigne sa chamade,

repousse ses tendres étreintes d‘une talonnade.

 

Alors mélancolique car contrarié,

il baisse la queue qui, panache flottant,

apportait fraîcheur à sa croupe en suée:

il frappe du pied, mord les mouches, s‘emportant.

Son amour, devant une telle explosion,

se fait douce et passe son irritation.

 

Son maître irritable va pour l‘attraper;

alors la jument sauvage, apeurée,

craignant d’être prise, vite elle le fuit,

avec elle le cheval, abandonnant Adonis:

comme fous, ils vont vers le bois tous les deux,

dépassant les corbeaux qui volent sur eux.

 

Très irrité, il s’assied, Adonis,

il maudit sa bête libre et dissipée:

et voici que revient un temps propice,

pour que l’amour déçu soit exaucé;

le cœur a trois fois tort quand il est sans

aide de la parole, disent les amants.

 

 

 

 

À suivre... © Mermed 2011 - 2019

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