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Publié par Mermed

BLANCHARD, Jacques Venus et Adonis 1631-32

BLANCHARD, Jacques Venus et Adonis 1631-32

At this Adonis smiles as in disdain,

That in each cheek appears a pretty dimple:

Love made those hollows, if himself were slain,

He might be buried in a tomb so simple;

Foreknowing well, if there he came to lie,

Why, there Love liv'd, and there he could not die.

 

These lovely caves, these round enchanting pits,

Open'd their mouths to swallow Venus' liking.

Being mad before, how doth she now for wits?

Struck dead at first, what needs a second striking?

Poor queen of love, in thine own law forlorn,

To love a cheek that smiles at thee in scorn!

 

Now which way shall she turn? what shall she say?

Her words are done, her woes the more increasing;

The time is spent, her object will away,

And from her twining arms doth urge releasing:

'Pity,' she cries; 'some favour, some remorse!'

Away he springs, and hasteth to his horse.

 

But lo! from forth a copse that neighbours by,

A breeding jennet, lusty, young, and proud, 260

Adonis' tramping courier doth espy,

And forth she rushes, snorts and neighs aloud:

The strong-neck'd steed, being tied unto a tree,

Breaketh his rein, and to her straight goes he

 

Imperiously he leaps, he neighs, he bounds,

And now his woven girths he breaks asunder;

The bearing earth with his hard hoof he wounds,

Whose hollow womb resounds like heaven's thunder;

The iron bit he crusheth 'tween his teeth,

Controlling what he was controlled with.

 

 

 

Adonis sourit comme de dédain, 

sur chaque joue se creuse une jolie fossette:

c’est l’amour, et s’il mourait néanmoins

enterré dans une tombe si modeste;

sachant bien, que s’il devait y dormir, 

l’amour y serait, il ne pourrait mourir.

 

Ces creux charmeurs, ces fossettes si jolies, 

s’ouvrent pour engloutir le caprice de Venus.

Elle était folle; où va son esprit ?

touchée à mort, pourquoi un autre infarctus ?

pauvre reine de l’amour, seule en ton empire,

aimer la joue au méprisant sourire !

 

Où se tournera-t’elle ? que va-t-elle dire ?

ses mots sont usés, ses maux augmentés;

le temps a fui, son amant va partir,

il cherche à quitter ses bras enlacés:

pitié,’ crie t’elle, ‘une faveur, un soupir !’

il saute, et jusqu’au cheval va courir.

 

Mais, d’un buisson voisin, une jument,

forte, jeune et fière, aperçoit le coursier

errant d‘Adonis; elle prend son élan,

s’ébroue, hennit très fort; le destrier

puissant, attaché à l’arbre par une bride

va tout droit vers elle en brisant sa guide.

 

Il met en pièces sa sangle, fait des sauts, 

il s’élance, il hennit, autoritaire

il griffe le sol avec son dur sabot,

dont le sein creux résonne comme le tonnerre;

le mors de fer il l’écrase entre ses dents,

ce qui le contrôlait, le contrôlant.

 

à suivre

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