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Publié par Mermed

Âmeatomie 7

 

15 Ils auraient pu être les deux premiers êtres,

Ils auraient pu être les deux premiers êtres,

ils auraient pu être les premiers dieux,

là-bas à la frontière, là où sont les confins

là où les paysages se dissolvent dans les cartes de géographie

que parcourent sans cesse les arpenteurs du temps

à la recherche du mot qui contient le passé et l’avenir,

le présent et le rêve, l’illusion de l’espoir, et le désespoir du sans désir,

dire le désir, désirer le dire et aussi le maudire

mais mal toujours, souffrir de la présence, souffrir de l’absence

et du temps et du manque d’espace

là où étaient le temps et l’espace

pour eux brûlés par le paradis

poursuivis par l’enfer …

Ils étaient les éternels désamants,

ils étaient le commencement de l’infini.

 

 

16 Jours

J’ai fait l’addition de mes jours

j’ai soustrait les jours de colère

j’ai soustrait les jours de blasphème

j’ai soustrait encore

alors que déjà il n’en restait plus,

les jours de mélancolie

et quelque part

dans ma mémoire assassinée

j’ai vu la main qui s’est tendue vers moi …..

 

 

…. que je n’ai pas su saisir.

 

 

17 Sagesse

J’aurais aimé être Epictète ou bien Marc Aurèle

avoir la mémoire d’Hadrien.

Que mes pensées soient cohérentes pour moi-même

j’aurais été ce bouddha de pierre bien vivant

dont le demi sourire aurait illuminé les âmes et tranquillisé la foule

je serais cet équatorien équanime

je serais Akbar

et je ne suis que Judas

celui d’avant son évangile

je suis Kubilaï Khan qui ravage et détruit toutes ses aspirations

là où il passe, aucune idée poétique, aucune pensée

philosophique, aucun sentiment amical ne renaît

là où devrait être la sagesse qui renonce

il n’y a que paresse qui abdique

là où devrait être la générosité qui accueille

il n’y a que cupidité qui agrippe

j’aurais voulu être celui qui est

je suis celui qui suit

je serais celui qui est

je suis celui qui fuit

j’aurais été amour pour autrui

je suis celui qui hait

il ne reste plus d’autre illusion

que quelques mots

maltraités

quelques mots chéris

qui s’appauvrissent dans mes mains

qui s’assèchent avec mon encre

quelques mots

qui me font oublier

la page blanche qu’une âme bien grise;

 

Et le soleil sur un tableau

Et les chats sur quelques livres.

 

à suivre

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