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Publié par Mermed

Sandro Botticelli, La Tragédie de Lucrèce.

Sandro Botticelli, La Tragédie de Lucrèce.

 

This heraldry in Lucrece' face was seen,
Argued by beauty's red, and virtue's white:
Of either's colour was the other queen,
Proving from world's minority their right:
Yet their ambition makes them still to fight;
The sovereignty of either being so great,
That oft they interchange each other's seat.

 

Their silent war of lilies and of roses,
Which Tarquin view'd in her fair face's field,
In their pure ranks his traitor eye encloses;
Where, lest between them both it should be kill'd,
The coward captive vanquish'd doth yield
To those two armies that would let him go,
Rather than triumph in so false a foe.

 

Now thinks he that her husband's shallow tongue,
(The niggard prodigal that prais'd her so)
In that high task hath done her beauty wrong,
Which far exceeds his barren skill to show:
Therefore that praise which Collatine doth owe
Enchanted Tarquin answers with surmise,
In silent wonder of still-gazing eyes.

 

This earthly saint, adored by this devil,
Little suspecteth the false worshipper;
For unstain'd thoughts do seldom dream on evil;
Birds never lim'd no secret bushes fear:
So guiltless she securely gives good cheer
And reverend welcome to her princely guest,
Whose inward ill no outward harm express'd:

 

For that he colour'd with his high estate,
Hiding base sin in plaits of majesty;
That nothing in him seem'd inordinate,
Save sometime too much wonder of his eye,
Which, having all, all could not satisfy;
But, poorly rich, so wanteth in his store,
That, cloy'd with much, he pineth still for more.

 

But she, that never cop'd with stranger eyes,
Could pick no meaning from their parling looks,
Nor read the subtle-shining secrecies
Writ in the glassy margents of such books;
She touch'd no unknown baits, nor fear'd no hooks;
Nor could she moralize his wanton sight,
More than his eyes were open'd to the light.

 

He stories to her ears her husband's fame,
Won in the fields of fruitful Italy;
And decks with praises Collatine's high name,
Made glorious by his manly chivalry
With bruised arms and wreaths of victory:
Her joy with heav'd-up hand she doth express,
And, wordless, so greets heaven for his success.

 

Far from the purpose of his coming hither,
He makes excuses for his being there.
No cloudy show of stormy blustering weather
Doth yet in his fair welkin once appear;
Till sable Night, mother of Dread and Fear,
Upon the world dim darkness doth display,
And in her vaulty prison stows the day.

 

For then is Tarquin brought unto his bed,
Intending weariness with heavy spright;
For, after supper, long he questioned
With modest Lucrece, and wore out the night:
Now leaden slumber with life's strength doth fight;
And every one to rest themselves betake,
Save thieves, and cares, and troubled minds, that wake.

 

 

 

 

 

 

Sur le visage de Lucrèce on voyait 

ce blason, discuté par rouge de beauté

et blanc de vertu: chaque couleur était

reine, affirmant sa légitimité:

mais l’ambition les pousse à lutter;

le prestige de chacune est si grand

qu’elles changent de sièges continuellement.

 

Tarquin au regard de Judas embrasse la guerre

muette de lys et de roses purs et alignés,

qu’il voit sur le champ de son visage si clair;

et là, de peur d’être pris entre eux et tué,

le vaincu couard captif qui s’est incliné

face aux deux armées qui préféreraient qu’il fuie

que de triompher d’un aussi perfide ennemi.

 

Il pense maintenant que son époux à la langue bien

frivole (ce pingre prodigue qui l’avait tant louée)

ne lui rend pas justice dans ce dithyrambe,

sa beauté surpasse ses médiocres capacités:

les yeux qui ne peuvent toujours pas s’en détacher,

Tarquin sous le charme apporte tout ce que

Collatin n’a pas dit dans son panégyrique,

 

En cette sainte terrestre, adorée par ce diable,

ne nait aucune méfiance pour l’idolâtre perfide;

car des pensées pures conçoivent rarement le mal;

les oiseaux jamais englués n’appréhendent

les pièges des buissons: forte de sa grâce candide,

elle accueille chaleureusement et courtoisement

son hôte princier, dont aucun vice n’est apparent:

 

il masquait de la dignité de son rang, 

ce vice caché sous l’apparente majesté;

tout en lui semblait mesure, sauf de temps en temps

trop d’admiration dans ses yeux émerveillés,

qui voyant tout ne pouvaient se rassasier;

le riche, pauvre de tout ce dont il est dépourvu,

en veut encore davantage bien qu’il soit repu.

 

Jamais elle ne fit face à des yeux différents, 

leur éloquence, elle ne pouvait en comprendre

le sens, ni en lire les secrets intelligents

écrits sur les marges de verres de tels livres;

elle laissait les appâts nouveaux, ne craignant

l’hameçon; elle voyait ses yeux en pleine clarté,

mais ne pouvait connaître un regard dépravé.

 

De son mari il lui dit la réputation,

gagnée sur les champs de bataille de la fertile

Italie; il couvre d’éloges le célèbre nom

de Collatin, que sa magnanime âme virile

a rendu, avec aussi l’aide des armes habiles,

glorieux: elle lève les mains pour exprimer sa joie

et, muette, remercie les cieux pour ses exploits.

 

Loin du sujet qui l’a amené, il demande

à être pardonné pour un tel surgissement.

Pas le moindre nuage annonciateur de tourmente

n’apparait encore en son ciel avenant;

jusqu’à ce que la nuit sable*, mère des épouvantes,

ne déploie ses obscures ténèbres sur le monde

et n’enferme le jour dans son cachot immonde.

 

Puis Tarquin est conduit à son lit, affectant

la fatigue et le désir de dormir; ici

après le dîner, il avait parlé longuement

avec Lucrèce, à en épuiser toute la nuit: 

le sommeil de plomb se bat avec l’énergie

de la vie; chacun se dirige vers le sommeil,

sauf voleurs, soucis, esprits dérangés qui veillent.

 

à suivre

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