Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Mermed

Jacques Blanchard  (1600 – 1638)  Tarquin et Lucrèce.

Jacques Blanchard (1600 – 1638) Tarquin et Lucrèce.

O, had they in that darksome prison died,
Then had they seen the period of their ill!
Then Collatine again by Lucrece' side
In his clear bed might have reposed still:
But they must ope, this blessed league to kill;
And holy-thoughted Lucrece to their sight
Must sell her joy, her life, her world's delight.

 

Her lily hand her rosy cheek lies under,
Cozening the pillow of a lawful kiss;
Who, therefore angry, seems to part in sunder,
Swelling on either side to want his bliss;
Between whose hills her head entombed is:
Where, like a virtuous monument, she lies,
To be admir'd of lewd unhallow'd eyes.

 

Without the bed her other fair hand was,
On the green coverlet; whose perfect white
Show'd like an April daisy on the grass,
With pearly sweat, resembling dew of night,
Her eyes, like marigolds, had sheath'd their light,
And canopied in darkness sweetly lay,
Till they might open to adorn the day.

 

Her hair, like golden threads, play'd with her breath;
O modest wantons! wanton modesty!
Showing life's triumph in the map of death,
And death's dim look in life's mortality:
Each in her sleep themselves so beautify,
As if between them twain there were no strife,
But that life liv'd in death, and death in life.

 

Her breasts, like ivory globes circled with blue,
A pair of maiden worlds unconquered,
Save of their lord no bearing yoke they knew,
And him by oath they truly honoured.
These worlds in Tarquin new ambition bred:
Who, like a foul usurper, went about
From this fair throne to heave the owner out.

 

What could he see but mightily he noted? 60
What did he note but strongly he desir'd?
What he beheld, on that he firmly doted,
And in his will his wilful eye he tir'd.
With more than admiration he admir'd
Her azure veins, her alabaster skin,
Her coral lips, her snow-white dimpled chin.

 

As the grim lion fawneth o'er his prey,
Sharp hunger by the conquest satisfied,
So o'er this sleeping soul doth Tarquin stay,
His rage of lust by grazing qualified;
Slack'd, not suppress'd; for standing by her side,
His eye, which late this mutiny restrains,
Unto a greater uproar tempts his veins:

 

And they, like straggling slaves for pillage fighting,
Obdurate vassals. fell exploits effecting,
In bloody death and ravishment delighting,
Nor children's tears nor mothers' groans respecting,
Swell in their pride, the onset still expecting:
Anon his beating heart, alarum striking,
Gives the hot charge and bids them do their liking.

 

His drumming heart cheers up his burning eye,
His eye commends the leading to his hand;
His hand, as proud of such a dignity,
Smoking with pride, march'd on to make his stand
On her bare breast, the heart of all her land;
Whose ranks of blue veins, as his hand did scale,
Left their round turrets destitute and pale.

 

 

 

 

O que ne périrent-ils dans leur sombre prison !

ils auraient vu alors le temps de leur pêché !

Collatin serein pouvait encore reposer

à côté de Lucrèce dans son lit immaculé.

Ils doivent espérer pour détruire ce lien sacré;

L’innocente Lucrèce devra céder, les voyant,

sa vie, son bonheur, et tous ses ravissements.

 

Sa main liliale est dessous sa joue rose, flouant

l’oreiller d'un baiser légitime; ulcéré,

il semble donc se scinder, parce qu’il est mécontent,

en deux parties qui enflent chacune de son côté

en quête de ravissement; sa tête est enterrée

entre ces deux collines: comme une sainte gisante,

elle git, offerte aux lubriques visions mécréantes.

 

Son autre main si blanche était hors du lit,

sur la courtepointe verte; dans sa parfaite blancheur,

elle était marguerite d'avril dans la prairie,

dessus, rosée de la nuit, des perles de sueur;

de ses yeux, des soucis, elle cachait la lueur,

ils reposaient tranquilles, sous les ténèbres du ciel,

jusqu'à ce qu'ils s'ouvrent pour rendre la journée plus belle.

 

Avec son souffle jouaient ses cheveux, fils d'or.

Modestes voluptés ! voluptueuse modestie !

montrant le triomphe de la vie sur les plans de la mort,

l’obscure mort dans la mortalité de la vie:

en dormant chacune embellissait l’autre encore,

il semblait n'y avoir entre elles de conflit,

la vie vivait dans la mort, la mort dans la vie.

 

Ses deux seins, des globes d'ivoire cerclés de bleu,

deux mondes vierges et invaincus, ne connaissant

d'autre joug que celui de leur maître après Dieu,

que par serments ils honoraient. Ces mondes blancs

inspirèrent à Tarquin un désir différent:

il désirait chasser, odieux usurpateur !

de ce beau trône son légitime détenteur.

 

Que pouvait-il voir qu‘il n‘observât âprement ?

qu'observait-il qui n'enflammât ses visées?

ce qu'il voyait le rendait amoureux follement,

son désir fatiguait son regard décidé;

il admirait en étant plus qu’émerveillé

ses veines d'azur, la fossette de son menton vierge

comme neige, sa peau d'albâtre, ses lèvres rouges.

 

Tel le sinistre lion caressant son butin

dont l’appétit, par la conquête est rassasié

ainsi, au-dessus de cette âme endormie, Tarquin

qui modère d’un frôlement sa folle lubricité;

contenue sans disparaître; car, à son côté,

son œil, qui freinait encore son excitation,

pousse son sang à encore plus d‘agitation.

 

Comme des esclaves errants qui pillent en combattant,

ou des vassaux tenaces aux exploits révoltants,

qui se plaisent aux viols et assassinats sanglants,

insensibles aux cris des mères et aux larmes d’enfants,

elles attendent encore l‘assaut; fats outrecuidants !

bientôt son cœur qui bat donne la charge espérée

quand vient l‘heure, et leur dit d'agir à leur gré.

 

Son cœur, tambourinant, égaye son œil brûlant,

son œil invite sa main à l’assaut; celle-ci,

d’une telle dignité s‘enorgueillissant,

écumant d'orgueil, va prendre position ici

sur sa gorge nue, de son monde l‘ombilic;

à peine l'a-t’elle escaladée, que les rangées

de veines d’azur quittent leurs pâles tours désarmées.

 

à suivre

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article