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Publié par Mermed

Tintoret, Tarquin et Lucrèce vers 1580

Tintoret, Tarquin et Lucrèce vers 1580

'Lucrece,' quoth he, 'this night I must enjoy thee:
If thou deny, then force must work my way,
For in thy bed I purpose to destroy thee;
That done, some worthless slave of thine I'll slay.
To kill thine honour with thy life's decay;
And in thy dead arms do I mean to place him,
Swearing I slew him, seeing thee embrace him.

 

'So thy surviving husband shall remain
The scornful mark of every open eye;
Thy kinsmen hang their heads at this disdain,
Thy issue blurr'd with nameless bastardy:
And thou, the author of their obloquy,
Shalt have thy trespass cited up in rhymes,
And sung by children in succeeding times.

 

'But if thou yield, I rest thy secret friend:
The fault unknown is as a thought unacted;
A little harm, done to a great good end,
For lawful policy remains enacted.
The poisonous simple sometimes is compacted
In a pure compound; being so applied,
His venom in effect is purified.

 

'Then, for thy husband and thy children's sake,
Tender my suit: bequeath not to their lot
The shame that from them no device can take,
The blemish that will never be forgot;
Worse than a slavish wipe, or birth-hour's blot:
For marks descried in men's nativity
Are nature's faults, not their own infamy.'

 

Here with a cockatrice' dead-killing eye
He rouseth up himself and makes a pause;
While she, the picture of pure piety,
Like a white hind under the grype's sharp claws,
Pleads in a wilderness where are no laws,
To the rough beast that knows no gentle right,
Nor aught obeys but his foul appetite.

 

But when a black-fac'd cloud the world doth threat,
In his dim mist the aspiring mountains hiding,
From earth's dark womb some gentle gust doth get,
Which blows these pitchy vapours from their biding,
Hindering their present fall by this dividing;
So his unhallow'd haste her words delays,
And moody Pluto winks while Orpheus plays.

 

Yet, foul night-working cat, he doth but dally,
While in his hold-fast foot the weak mouse panteth;
Her sad behaviour feeds his vulture folly,
A swallowing gulf that even in plenty wanteth:
His ear her prayers admits, but his heart granteth
No penetrable entrance to her plaining:
Tears harden lust, though marble wear with raining.

 

Her pity-pleading eyes are sadly fix'd
In the remorseless wrinkles of his face;
Her modest eloquence with sighs is mix'd,
Which to her oratory adds more grace.
She puts the period often from his place,
And midst the sentence so her accent breaks,
That twice she doth begin ere once she speaks.

 

She conjures him by high almighty Jove,
By knighthood, gentry, and sweet friendship's oath,
By her untimely tears, her husband's love,
By holy human law, and common troth,
By heaven and earth, and all the power of both,
That to his borrow'd bed he make retire,
And stoop to honour, not to foul desire.

 

 

 

 

‘Lucrèce,’ dit-t’il, ‘cette nuit je dois te posséder:

la force m’ouvrira la voie si tu me rejettes,

dans ton lit j'ai l'intention de te ravager;

ensuite j’abattrai un de tes esclaves ineptes.

Tuer ton honneur, avilissant ce qui reste

de ta vie, entre tes bras morts je le mettrai,

jurant que je l'ai tué quand tu l'embrassais.

 

‘Aux yeux de tous ton mari qui te survivra

sera une cible pour toutes les dérisions;

devant ce mépris ta famille s’éclipsera,

tes enfants seront noircis comme bâtards sans nom:

toi, scénariste de leur opprobre, sans ton renon

ton faux-pas sera l’air et les paroles des chants

que, dans le futur fredonneront les enfants.

 

‘Mais, si tu me cèdes, je reste ton ami secret:

la faute inconnue est comme une vaine pensée;

un peu de mal devient politiquement correct

s’il est fait à de bonnes fins et autorisé.

La plante vénéneuse est quelquefois distillée

dans un mélange pur, quand elle est utilisée

Ainsi, les effets du venin sont épurés.

 

 

‘Pour ton mari et ta descendance,

écoute-moi: ne leur lègue pas un affront

inoubliable, une tâche de naissance

indélébile; pire stigmatisation

qu’esclavage ou quelque déformation:

car les marques que l’on voit sur l’homme qui nait

sont dues à la nature pas à ses forfaits.’

 

Son œil est l’œil mortel de la cockatrice*

il se redresse pour marquer un temps de repos;

tandis qu'elle, de la chaste piété l‘imitatrice,

une biche blanche qu’un grype* lacère sous ses ergots,

implore dans un désert où il n'y a point de loi,

la bête féroce qui ne connaît pas la clémence,

et n'obéit qu'à son immonde concupiscence.

 

Quand un nuage noir vient menacer l‘univers,

cachant dans ses obscures vapeurs les plus hauts monts;

quelque douce brise sort du sein obscur de la terre,

qui écarte ces vapeurs noires de leur ambition

en empêchant leur chute par cette séparation;

ses mots retardent la hâte impie de Tarquin,

Pluton cille et joue Orphée le musicien.

 

Horrible chat de nuit, il ne fait que jouer

sous sa patte de la pauvre souris qui expire;

elle est accablée à nourrir sa rapacité,

gouffre sans fond qui, repu, encore désire:

il entend ses prières, son cœur ne peut offrir

aucun espace aux plaintes: les larmes ont endurci

la luxure, quand le marbre est marqué par la pluie.

 

Les yeux implorants de Lucrèce fixent tristement

sur le visage de Tarquin les rides féroces;

son verbe modeste est haché de gémissements,

qui ajoutent encore à son verbe plus de grâce.

Hors de propos, à tout moment, elle coupe la phrase,

elle se brise au milieu de ses paroles, sa voix,

avant de parler elle s’y reprend à deux fois.

 

Elle le conjure au nom de la chevalerie,

des serments de l’amitié, de la grandeur,

de ses larmes fâcheuses, de l'amour de son mari,

des saintes lois de l'humanité, de Jupiter,

de la foi, les pouvoirs du ciel et de la terre;

elle le conjure de retourner au lit d‘une nuit,

et d'écouter l'honneur plus qu'une coupable envie.

 

à suivre

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