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Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

The Waste Land, suite

Thomas Stearns Eliot, né Américain en 1888, mort Anglais en 1965.

Thomas Stearns Eliot, né Américain en 1888, mort Anglais en 1965.

II. A Game of Chess
 
The Chair she sat in, like a burnished throne,
Glowed on the marble, where the glass
Held up by standards wrought with fruited vines
From which a golden Cupidon peeped out
(Another hid his eyes behind his wing)
Doubled the flames of sevenbranched candelabra
Reflecting light upon the table as
The glitter of her jewels rose to meet it,
From satin cases poured in rich profusion;
In vials of ivory and coloured glass
Unstoppered, lurked her strange synthetic perfumes,
Unguent, powdered, or liquid—troubled, confused
And drowned the sense in odours; stirred by the air
That freshened from the window, these ascended
In fattening the prolonged candle-flames,
Flung their smoke into the laquearia,
Stirring the pattern on the coffered ceiling.
Huge sea-wood fed with copper
Burned green and orange, framed by the coloured stone,
In which sad light a carvéd dolphin swam.
Above the antique mantel was displayed
As though a window gave upon the sylvan scene
The change of Philomel, by the barbarous king
So rudely forced; yet there the nightingale
Filled all the desert with inviolable voice
And still she cried, and still the world pursues,
“Jug Jug” to dirty ears.
And other withered stumps of time
Were told upon the walls; staring forms
Leaned out, leaning, hushing the room enclosed.
Footsteps shuffled on the stair.
Under the firelight, under the brush, her hair
Spread out in fiery points
Glowed into words, then would be savagely still.
 
  “My nerves are bad tonight. Yes, bad. Stay with me.
“Speak to me. Why do you never speak. Speak.
  “What are you thinking of? What thinking? What?
“I never know what you are thinking. Think.”
 
  I think we are in rats’ alley
Where the dead men lost their bones.
 
  “What is that noise?”
                          The wind under the door.
“What is that noise now? What is the wind doing?”
                           Nothing again nothing.
                                                        “Do
“You know nothing? Do you see nothing? Do you remember
“Nothing?”
 
       I remember
Those are pearls that were his eyes.
“Are you alive, or not? Is there nothing in your head?”   
          
                                                                           But
O O O O that Shakespeherian Rag—
It’s so elegant
So intelligent
“What shall I do now? What shall I do?”
“I shall rush out as I am, and walk the street
“With my hair down, so. What shall we do tomorrow?
“What shall we ever do?”
                                               The hot water at ten.
And if it rains, a closed car at four.
And we shall play a game of chess,
Pressing lidless eyes and waiting for a knock upon the door.
 
  When Lil’s husband got demobbed, I said—
I didn’t mince my words, I said to her myself,
HURRY UP PLEASE ITS TIME
Now Albert’s coming back, make yourself a bit smart.
He’ll want to know what you done with that money he gave you
To get yourself some teeth. He did, I was there.
You have them all out, Lil, and get a nice set,
He said, I swear, I can’t bear to look at you.
And no more can’t I, I said, and think of poor Albert,
He’s been in the army four years, he wants a good time,
And if you don’t give it him, there’s others will, I said.
Oh is there, she said. Something o’ that, I said.
Then I’ll know who to thank, she said, and give me a straight look.
HURRY UP PLEASE ITS TIME
If you don’t like it you can get on with it, I said.
Others can pick and choose if you can’t.
But if Albert makes off, it won’t be for lack of telling.
You ought to be ashamed, I said, to look so antique.
(And her only thirty-one.)
I can’t help it, she said, pulling a long face,
It’s them pills I took, to bring it off, she said.
(She’s had five already, and nearly died of young George.)
The chemist said it would be all right, but I’ve never been the same.
You are a proper fool, I said.
Well, if Albert won’t leave you alone, there it is, I said,
What you get married for if you don’t want children?
HURRY UP PLEASE ITS TIME
Well, that Sunday Albert was home, they had a hot gammon,
And they asked me in to dinner, to get the beauty of it hot—
HURRY UP PLEASE ITS TIME
HURRY UP PLEASE ITS TIME
Goonight Bill. Goonight Lou. Goonight May. Goonight.
Ta ta. Goonight. Goonight.
Good night, ladies, good night, sweet ladies, good night, good night.
 
 

II A game of Chess Une partie déchecs

Le fauteuil où elle était assise, tel un trône étincelait,

Sur le marbre, où la glace

Dans un support forgé de vignes en fruits

Doù un cupidon doré surveillait

(Un autre cachait ses yeux derrière son aile)

Doublait les flammes dun candélabre à sept branches

Réfléchissant la lumière sur la table alors que

Léclat de ses bijoux sélevait à sa rencontre,

Se déversant richement de coffrets en satin.

Dans des fioles en ivoire et des verres colorés

Débouchés, se terraient ses étranges parfums,

Crèmes, poudres, ou liquides troublaient, enivraient

Envahissaient les sens dodeurs; rehaussés par lair

Qui de la fenêtre apportait de la fraîcheur, ils sélevaient,

prolongeant la flamme des bougies,

Dont la fumée montait vers la laque,

Modifiant le dessin du plafond en caisson.

Dénormes épaves de bois et cuivre

Brûlaient en vert et orange, encadrées de pierres de couleur,

Où, dans une triste lumière, nageait un dauphin sculpté.

Au dessus du manteau antique, comme si une Fenêtre avait été ouverte sur un décor sylvestre

La mue de Philomèle, si brutalement violée par

Le roi barbare; pourtant là, le rossignol

Tereu

Remplissait le désert de sa voix inviolée

Et elle pleure encore, et la vie continue,

Jug, jug à des oreilles sales.

Dautres moments fanés dhistoire

Etaient racontés sur les murs, des formes curieuses

Se penchaient, apaisant la pièce refermée,

Des pieds traînaient sur les marches descalier.

Sous la cheminée, sous la brosse,

Eclatait en points rougeoyants

Rutilait en mots, puis connaissait un repos sauvage.

Mes nerfs, ce soiroui, mes nerfs. Reste avec moi.

Parle moi. Pourquoi ne parles tu jamais ? Parle

A quoi penses tu ? Quelles pensées ? Quoi ?

Je ne sais jamais à quoi tu penses. Pense.

Je pense que nous sommes dans lallée aux rats (1)

Où les morts perdent leurs os.

Quel est ce bruit ?

Le vent sous la porte.

Cest quoi ce bruit ? Que fait le vent ?

Rien, toujours rien.

Tu ne sais rien ? Tu ne vois rien ? Ne te

Souviens tu

De rien ?

Je me souviens

Voici les perles, ses yeux.

Es tu vivant ou non ? Y a-t-il quelque chose dans ta tête ?

 

O O O O cette farce Shakespearienne

Cest si élégant

Si intelligent

Que vais-je faire maintenant ? Que vais-je faire ?

Je me précipiterai dehors comme je suis, et jirai dans les rues

Les cheveux défaits, comme ça. Que ferons nous demain ?

Que ferons nous à jamais ?

Leau chaude à dix heures.

Et sil pleut, une voiture fermée à quatre heures.

Et nous ferons une partie déchecs,

Fermant des yeux sans paupières et attendant un coup sur la porte.

Quand le mari de Lil fut démobilisé, je dis

Je ne mâchai pas mes mots, je lui dis,

DEPECHONS SIL VOUS PLAIT CEST L HEURE

Albert est de retour, fais toi belle.

Il va vouloir savoir ce que tu as fait de cet argent quil ta donné

Pour tes dents. Cest ce quil a dit, jétais là.

Fais les arracher, Lil, et fais en faire de belles,

Dit il, je le jure, je ne supporte plus de te regarder.

Moi non plus, dis-je, et pense à ce pauvre Albert,

Il est dans larmée depuis quatre ans, il veut passer un bon moment

Et si ce nest pas avec toi, dautres le lui donneront, ai-je dit.

Oh, vraiment, dit elle. Quelque chose comme ça, dis-je,

Alors je saurai à qui dire merci, dit-elle, en me regardant dans les yeux.

DEPECHONS SIL VOUS PLAIT CEST L HEURE

Si tu nes pas contente, cest la même chose, dis-je.

Les autres peuvent grappiller et choisir, si tu ne peux pas.

Tu devrais avoir honte, dis-je, on te donne cent ans.

(Et pourtant elle na que quarante ans)

je ny peux rien, dit-elle, en faisant la tête.

(Elle en a déjà cinq, presque morte à la naissance du petit Georges)

Le pharmacien lui avait dit que tout irait bien, mais je nai jamais

été la même.

Tu es une vraie folle, lui dis-je.

Si Albert ne veut pas te laisser seule, cest fait, dis-je,

Pourquoi se marier si on ne veut pas denfants ?

DEPECHONS SIL VOUS PLAIT CEST L HEURE

Ce dimanche là, Albert était à la maison, ils avaient mangé un jambon chaud

Et ils mont invité à manger avec eux, cest tellement bon quand cest chaud

DEPECHONS SIL VOUS PLAIT CEST L HEURE

DEPECHONS SIL VOUS PLAIT CEST L HEURE

Bonsoir Bill. Bonsoir Lou. Bonsoir May. Bonsoir.

Ta,ta. Bonsoir. Bonsoir.

Bonsoir, Mesdames, bonsoir, douces dames, bonsoir, bonsoir.(2)

 

1               Ezechiel  chapitre 37

2             Hamlet 4.5 (les derniers mots d'Ophelia)   ' Good night, ladies. Good night, sweet ladies. Good night, good night.

 

 

à suivre...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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