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Publié par Mermed

Naissance de la poésie Freda Bey

Naissance de la poésie Freda Bey

La manière qui nous affecta réellement

c’était d’avoir des gens si différents pour nous enseigner.

Les meilleurs se battaient, comme le roi l’espérait,

ceux qui restaient étaient de vieilles créatures grisonnantes,

ou des personnes avec des caractères bien particuliers.

Beaucoup étaient loqueteux, d’autres étaient cireux,

l’un d’eux dut partir brusquement en taxi.

 

Je ne dois pas écrire les noms - O Reginald,

vous au moins nous avez appris ce qui ne s’en va pas,

nos premières visions de l’immensité du vaste monde;

la bière et les biscuits que vous donniez à vos favoris,

vos contes vous ont révélé être un type de gros calibre,

vos culottes de cheval, votre drame The Waves,

quelques uns parmi nous l’ emmèneront dans la tombe.

 

À moitié lunatique, à moitié filou.’ aucun doute,

une sainte terreur pour le corps enseignant à l’heure du thé,

un bon proviseur doit vite découvrir

que votre caractère était tout entier tourné vers la mer,

je demande si vous avez obtenu tout juste votre diplôme,

mais les enfants bénissent ceux de votre sorte

qui détruisent les pierres d’achoppement édifiantes.

 

Comment puis-je vous remercier ? Car cela montre

(permettez que j’enfourche mon dada encore cette fois)

qu’un bon proviseur ne peut jamais savoir.

Il y a bien sûr des maîtres sobres

mais ce qu’une école primaire met en avant

est la connaissance du monde dans lequel nous serons bientôt,

aujourd’hui c’est plus Dickens que Jane Austen.

 

A vrai dire je déteste cette habitude moderne

de rectifier les défauts des jeunes esprits,

notre passion pour la tendre pousse de jeunesse,

notre haine pour toutes les sortes de mauvaise herbe.

Les slogans sont mauvais, le meilleur auquel je puisse penser

est celui-ci: ‘ que chaque enfant ait ce qui nous est confié

autant de névrose qu’il en peut supporter. ‘

 

Sous cet aspect, au moins, mon Adam méchant et vieilli

est farouchement contre la tendance ordinaire;

et n’a nul besoin de ces nouvelles académies

où les lecteurs des meilleurs hebdomadaires,

envoient les enfants, que probablement ils ne désiraient pas,

pour peindre l’ombre d’une lampe, se marier ou élever des pigeons,

ou bien étudier l’histoire des religions.

 

Déesse des sous-fifres tyranniques, Normalité!

Que de crimes sont commis en ton nom!

Le totalitarisme est ton état de réalité,

la puanteur des antiseptiques et la honte

de tous ces visages qui sont les mêmes et sentent de même.

Ta muse est inconnue des histoires classiques,

la figure étêtée de la maitresse de gymnastique.

 

Pas une âme ne peut être exemptée de ton empire d’effroi;

plus que pour les nourrices qui poussent les landaus dans les parcs ,

les intellectuels ont du désir pour toi,

O, pour se livrer à la trahison des clercs,

ensorcelés par toi jusqu’à être des requins littéraires,

mais je dois maintenant à ton travail te laisser ,

il me faut en venir enfin à mon école privée.

 

Les hommes avaient arrêté de se jeter des pierres,

le beurre et les pères étaient revenus;

elles étaient finies les vacances avec ma mère

dans des meublés à la montagne, à la campagne ou dans des marais;

et finis ces dimanche soir d’été quand,

au bord de la mer flottait de curieux sons,

Père éternel’ chanté par trois jeunes garçons.

 

La nation parlait de paix, ou elle le disait, avec les nations;

les sexes faisaient de leur mieux pour se ressembler;

la morale perdit tout repère pendant la récession,

les grands Victoriens acceptèrent gentiment le blâme;

des visions de Dada virent dans l’après-guerre,

assis dans les cafés les narines pleines de pain,

au-dessus des derniers morts jusqu’au lendemain.

 

J’ai parlé de ma vie dans les écoles privées ailleurs,

les amitiés romantiques, les préfets, les intimidations,

je n’en parlerai pas, c’est une autre affaire.

Ceux qui les attendent, ne les auront pas,

je ne chante ici que ce qui a trait au sujet.

Pourquoi protesteraient-ils ? Ils ont l’anthologie

Grecque et tous les morceaux piquants d’anthropologie.

 

Nous grandissons tous de la même façon, pour autant

la vie n’est pas connue pour donner ses présents;

elle échange. L’inconscience que les enfants

partagent avec les animaux et les paysans

se perd dans le Sturm und Drang de l’adolescent.

Comme les autres garçons je n’ai plus eu goût aux bonbons,

j’ai découvert les couchers de soleil, Dieu, Keats et la passion.

 

Je ne rappellerai qu’un seul ennui

pas plus. J’ai parlé d’être ingénieur minier

comme d’une carrière vers laquelle était tourné mon esprit,

mais depuis peu mes lubies avaient changé;

des mirages du futur apparaissaient,

elles venaient, repartaient de nouvelles manies,

pour des motos, les baleines et la photographie .

 

Mon indécision prit fin d’un coup un après-midi

de mars à trois heures et demi

en marchant dans un labour avec un ami;

en donnant un coup de pied dans une pierre,

il se tourna vers moi: ’dis moi, écris-tu de la poésie?’

je ne l’avais jamais fait, mais je savais

dés cet instant que je le voudrais et que je le ferais .

 

Sans transition cela m’amène directement

au thème appelé ‘Oxford’ sur ma partition

de la page vingt cinq à la page vingt huit.

Des trilles esthétiques que je n’avais jamais entendus avant

s’élevaient des cordes, des poses stridentes des cors,

les cuivres cliquetaient comme un avant-guerre Russe,

l’Art’ résonnait dans les cuivres et ’la Vie’ cognait les percussions.

 

Pur provincial, mon bon goût n’était pas fini,

c’est encore Edward Thomas* que je préférais ;

j’écoutais toujours Thomas Hardy*

qui donnait à l’oiseau de la divinité ;

mais Eliot disait les mots jamais prononcés;

pour des usines à gaz et des tubercules séchées j’abandonnais

l’ horloge de Grantchester, et le freux anglais.

 

* Philip Edward Thomas 1878 – 1917 Poète Anglais, considéré comme poète de guerre.

* Thomas Hardy 1840 - 1928 Poète et romancier anglais

 

à suivre

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