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Publié par Mermed

William Wordsworth (1770 – 1850),

William Wordsworth (1770 – 1850),

III

Mes derniers mots vous étaient adressés d’un navire,

je suis de retour à terre dans une chambre au chaud,

et des amis sont arrivé depuis que je me suis mis à écrire;

et quoique le temps dehors soit très vif,

je me sens beaucoup plus gai et plus dispos.

Un groupe d’une école privée, un poète,

sont parti d’un pas rapide et ils m‘invitent.

 

Nous partons maintenant dans une grande expédition

dans le désert, ce qui, j’en suis sûr, est intéressant;

beaucoup aimerait être à ma place.

J’espère simplement qu’il ne faudra pas trop marcher.

Maintenant, voyons, où en étais-je ? Nous parlions

des problèmes sociaux quand j’ai du m’arrêter;

je pense qu’il est temps d’entrer dans les détails.

 

En installant ma plaque de critique,

je ne prétend à aucun diagnose,

je suis plus intuitif qu’analytique,

j’offre de la pensée homéopathiques en doses,

(mais quelqu’un peut faire une meilleur glose)

je ne prétends pas au raisonnement comme Pritchard*

ou à la logomachie de I.A. Richards*.

 

J’aime votre muse parce qu’elle est mutine et pleine d‘à-propos,

parce que jamais elle n’est une prostituée ,

cette fille d’une ville Européenne, ni une virago

et des maisons à la campagne bien avant la crise;

j’aime sa voix qui ne me fait pas bondir:

et vous je vous trouve sympathique, bon citoyen,

ni un moralisateur, ni un raseur ou un lutin.

 

Poète, nageur, pair, et homme d’action

- cela bat le record de Roy Campbell* de toute une longueur -

vous présentez toutes les séductions.

En examinant votre style en poésie

et en amour de vie, les deux auraient pu être petits,

beaucoup ont gagné une existence convenable,

alors que leurs vies étaient stériles mais acceptables.

 

Vous avez eu votre compte de la part des critiques;

ils vous accordent de la chaleur, mais décochent

sur vous leurs flèches de morale et d’esthétique.

Un ’ génie vulgaire ’ dit George Eliot,

ce qui n’est pas important puisqu’il est mort,

mais T.S. Eliot, je suis triste, je le reconnais,

vous expédie d’un ’esprit sans intérêt.’

 

Un jugement dont je dois le dire, j’ai honte;

un poète doit être jugé selon son intention,

et vous avez dit n’avoir jamais voulu des pensées profondes.

Je pense qu’un critique sérieux devrait faire mention

qu’une forme de vers relève de votre invention,

un style dont le sens n’a pas besoin de clé,

vous êtes le maître du vers léger.

 

Devant le narratif épique, pure poésie,

Il nous faut vous tirer notre humble chapeau ;

mais la comédie aura droit à sa part d’éloges, aussi.

Chacun peut donner, selon son pouvoir;

nous ne pouvons vivre qu’en variant les régimes.

l’histoire salace et la fable exemplaire,

se partagent la gloire littéraire.

 

Il y a toutes sortes de vêtements de scène en stock,

des splendides manteaux de fourrure de Shakespeare, des manchons de Spenser*,

ou l’habit de salon de Dryden* jusqu’au coton de mon froc,

et le Harris tweed de Wordsworth avec du cuir marron.

Furbank, je crois ne portait qu’un caban ;

j’imagine Whitman en vêtement d’occasion inférieure,

mais vous, comme Sherlock, en veste d‘intérieur.

 

Je suis heureux aussi de pouvoir me ranger sous votre autorité

pour trouver que Wordsworth est un vieux raseur des plus ennuyeux,

même si je crains que nous soyons en minorité

car chaque année ses admirateurs sont plus nombreux,

leurs nombre doit avoir doublé depuis la guerre.

Ils viennent par trains entiers au Lake district et des flopées

de futurs enseignants l’étudient chez Storm.

 

Je déteste les futurs enseignants,’ disait Milton,

qui détestait aussi les idiots de bureaucrates,

Milton peut remercier ses étoiles d’être mort,

même si on l’apprend par cœur dans les écoles privées,

en même temps que Wordsworth et les listes de règles;

car beaucoup de professeurs avec dédain posent

Pope et Dryden comme des classiques de notre prose.

 

Et de nouvelles plantes naissent de ce vieux potiron

elles prospèrent dans un pauvre terrain industriel,

se croisent robustes avec Rousseau et Platon

leur culture est tâche aisée sous ce ciel.

William, pour changer de métaphore, découvrit le fuel;

ses puits semblent intarissables, un débit

qui sauve l’Angleterre du sort de la Russie.

 

Un des enfants de Wordsworth est le snob des montagnes;

il déchire ses vêtements, ne se rase pas le menton,

il porte de très jolies petites tatanes,

il choisit les auberges les moins confortables,

un funiculaire est un pêché mortel,

tout autant que dix hommes, il est vigoureux

toux ceux qui vivent en ville il les traite d’ adipeux.

 

Je ne suis pas un rabâche-sport, je ne souhaite jamais

intervenir dans les plaisirs de qui que ce soit;

grimpez, chassez, pêchez autant que vous le voulez,

il y a dans les cœurs de tous les hommes de vilains petits trésors;

mais je pense qu’il est temps de fixer des limites

quand quelqu’un, adoptant la ligne du ’je sais’,

dit que la bonne vie est au dessus des premières lignes enneigées.

 

 

* Pritchard 1902 - 1973 anthropologue britannique.

* I.A. Richards 1893 – 1979 critique littéraire anglais

* Roy Campbell 19011957 poète sud-africain.

* Edmund Spenser 1552 - 1599 poète anglais .

* John Dryden 1631 - 1700 poète et un dramaturge anglais .

* Arthur Stanley Eddington, 1882 - 1944, astrophysicien britannique, C'est lui qui mit en évidence la limite qui porte son nom, correspondant à la luminosité maximale que peut avoir une étoile d'une masse donnée sans commencer à perdre les couches supérieures de son atmosphère.

 

à suivre

 

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