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Publié par Mermed

Seul, désormais,

Une sœur de Saturne

éclairée par un dernier soleil noir,

surgie des nuits du temps,

défaisait avec ses clefs

des nombres dont la seule magie

jonchait le sol.

Les pieds dans la terre,

désir des humains.

 

Prise entre les désirs d’humanité

elle disparut

dans le retable craquelé d’un temple perdu.

Seuls les anciens amants des femmes en noir

l’aperçoivent quelquefois

parmi les âmes inassouvies

qui les accompagnent dans

les déserts de leurs éternelles traversées.

Melancolia I   Albrecht Dürer   1514

Melancolia I Albrecht Dürer 1514

le grand déchiffreur du chaos,

donnait l'âme à la peinture en peignant la montagne,

 

Sur le mont Huang Shan  Shih Tao

Sur le mont Huang Shan Shih Tao

lui donnait son mouvement en peignant l'eau,

aussi la vie, en peignant les forêts.

Printemps sur la rivière Min,1697

Printemps sur la rivière Min,1697

Ainsi l'esprit est présent partout,

et quand la peinture découle de l'esprit,

les obstacles s'écartent,

La cascade de Mingxianquan et le mont Hutouyan

La cascade de Mingxianquan et le mont Hutouyan

Plus rien ne peut nous empêcher d'être là,

de regarder, avec ces deux-là,

sans autre règle que l'absence de règles,

la règle suprême.

 Shitao (aussi appelé Moine citrouille-amère) 1641-1719 (environ)

 Il travaillait à l'encre de Chine, avec des pinceaux de calligraphie.

Il a laissé - comme Leonardo – des propos sur la peinture,

un livre aussi intelligent que le Tchouang Tseu,

aussi pénétrant sur la création que les pages de Proust dans Le Temps Retrouvé.

(Tr. Pierre Ryckmans Les propos sur la peinture du Moine Citrouille-Amère ; Plon,)

 

en partance,

 

'O Paris
Grand foyer chaleureux avec les tisons entrecroisés
de tes rues et tes vieilles maisons
qui se penchent au-dessus et se réchauffent
Comme des aïeules
Et voici des affiches, du rouge du vert
Multicolores comme mon passé bref
Du jaune
Jaune 
La fièvre couleur des romans de la France à l'étranger.
'

la prose du transsibérien Cendrars et Sonia Delaunay

la prose du transsibérien Cendrars et Sonia Delaunay

'Je suis en route,

j'ai toujours été en route,

je suis en route avec la petite Jehanne de France...'

 

Il poursuit sa route, monte dans un train

qui traverse toute l’Asie jusqu’à Urga

où il retrouve les deux vieux franciscains

porteurs de tous les mots de paix là-bas.

 

Il repart vers l’Ouest à toute vitesse,

joue aux échecs, boit vodkas sur vodkas

pour retrouver cette si belle poétesse

dans son salon au bord de la Neva;

là après mille et trois tangos, Mozart

endiablé par Astor Piazzolla

danse avec Akhmatova, la Tatare,

les dernières langueurs de la Bocca.

 

Et voici les mots qui enferment le sens

entre la première et la dernière lettre,

ne laissant comme seule substance

que celle qu’ils laissent apparaître;

 

mots finis pour définir l’infini,

mots vides pour dire le trop de néant,

mots, dernières frontières de l’indéfini,

mots qui protègent comme un banal écran.

 

Au commencement  (12)

Perdu avec la nurse de Czeslaw Milosz,cosmopolite de deux ans,

je me suis retrouvé dans le transsibérien pour un autre voyage

après celui que j’avais fait avec Blaise,

et malgré notre passage dans des pays,

où les hommes parlaient des langues différentes, nous n’avons

trouvé dans aucune langue

Les mot pour humanité,

dans aucune autre langue que celle des poètes,

celle de Freddy Sauzer quand elle se mêle aux couleurs de Sonia Delaunay,

pour les vers de Blaise Cendrars.

vers d'autres solitudes partagées,


Hakuin Ekaku parle à son autoportrait, quand il avait 71 ans,

Au commencement  (12)

'Détesté par un millier de Bouddhas dans le royaume des mille Bouddhas,


Haï par les démons parmi les bandes de démons,


Cette tête chauve, aveugle et puante,


Apparaît à nouveau sur une feuille de papier,


Sacrebleu !'

est-il là, de l'autre côté de la rue?

Hopper Nighthawks  1942

Hopper Nighthawks 1942

C'est une femme

ou un homme

toujours seuls, dans une lieu, une ville inhabitée

ou seuls - au milieu des autres –

seuls aussi

il y a toujours une fenêtre

ou une vitrine – mais pas celle d'Anvers

et elle/il n'a aucune autre place

que l'espace occupé

c'est dans des tons comme ceux des débuts du

Rock n' roll

et pourtant c'est éternellement

l'individu seul

dans un décor inattentif et indifférent.

 

en regardant Hopper

En nous introduisant dans cette pièce, dans ce bar,

 

en entrant dans ce monde, on entrera dans le bar de Barbara

dans l'île aux Mimosas et on lui dira:  Je t'ai trouvée 

 

dans ce bar

Ou autrement?

 

En buvant un Manhattan mélange de Rye Whiskey, Vermouth rouge et angustura l

 

à suivre...

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