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Publié par Mermed

Le rêve de Vénus  Salvador Dali

Le rêve de Vénus Salvador Dali

Even as poor birds, deceiv'd with painted grapes,

Do surfeit by the eye and pine the maw,

Even so she languisheth in her mishaps,

As those poor birds that helpless berries saw.

The warm effects which she in him finds missing,

She seeks to kindle with continual kissing.

 

But all in vain, good queen, it will not be:

She hath assay'd as much as may be prov'd;

Her pleading hath deserv'd a greater fee;

She's Love, she loves, and yet she is not lov'd.

'Fie, fie!' he says, 'you crush me; let me go;

You have no reason to withhold me so.'

 

'Thou hadst been gone,' quoth she, 'sweet boy, ere this,

But that thou told'st me thou wouldst hunt the boar.

O! be advis'd; thou know'st not what it is

With javelin's point a churlish swine to gore,

Whose tushes never sheath'd he whetteth still,

Like to a mortal butcher, bent to kill.

 

'On his bow-back he hath a battle set

Of bristly pikes, that ever threat his foes; 

His eyes like glow-worms shine when he doth fret;

His snout digs sepulchres where'er he goes;

Being mov'd, he strikes whate'er is in his way,

And whom he strikes his crooked tushes slay.

 

'His brawny sides, with hairy bristles arm'd,

Are better proof than thy spear's point can enter;

His short thick neck cannot be easily harm'd;

Being ireful, on the lion he will venture:

The thorny brambles and embracing bushes,

As fearful of him, part, through whom he rushes.

 

'Alas! he nought esteems that face of thine,

To which Love's eyes pay tributary gazes;

Nor thy soft hands, sweet lips, and crystal eyne,

Whose full perfection all the world amazes;

But having thee at vantage, wondrous dread!

Would root these beauties as he roots the mead.

 

'O! let him keep his loathsome cabin still; 

Beauty hath nought to do with such foul fiends:

Come not within his danger by thy will;

They that thrive well take counsel of their friends.

When thou didst name the boar, not to dissemble,

I fear'd thy fortune, and my joints did tremble.

 

'Didst thou not mark my face? was it not white?

Saw'st thou not signs of fear lurk in mine eye?

Grew I not faint? And fell I not downright?

Within my bosom, whereon thou dost lie,

My boding heart pants, beats, and takes no rest,

But, like an earthquake, shakes thee on my breast.

 

'For where Love reigns, disturbing Jealousy

Doth call himself Affection's sentinel;

Gives false alarms, suggesteth mutiny,

And in a peaceful hour doth cry "Kill, kill!"

Distempering gentle Love in his desire,

As air and water do abate the fire.

 

'This sour informer, this bate-breeding spy,

This canker that eats up Love's tender spring,

This carry-tale, dissentious Jealousy,

That sometime true news, sometime false doth bring,

Knocks at my heart, and whispers in mine ear

That if I love thee, I thy death should fear: 

 

'And more than so, presenteth to mine eye

The picture of an angry-chafing boar,

Under whose sharp fangs on his back doth lie

An image like thyself, all stain'd with gore;

Whose blood upon the fresh flowers being shed

Doth make them droop with grief and hang the head.

 

 

 

 

 

les oiseaux dupés par des raisins en peinture, 

ont les yeux rassasiés, mais pas l’appétit,

elle languit cependant dans ses mésaventures,

comme de pauvres oiseaux voyant d’inutiles fruits.

Elle tente de raviver par d’incessants baisers

cette ardeur dont elle voit bien qu’il est privé.

 

Ce ne sera, bonne reine, c’est sans effet: 

tout le possible elle l’a essayé;

sa plaidoirie mérite meilleur cachet;

elle est l’amour, elle aime, n’est pas aimée.

Fi,’ dit-il, ‘ tu m’écrases; laisse- moi partir;

tu n’as aucun droit de me retenir.’

 

tu serais parti,’ dit-elle, ‘doux enfant,

si tu ne m’avais dit que tu chasserais.

Blesser un cochon fou, O ! sois prudent,

tu ignores ce que c’est avec un trait;

ses grès sont sortis, toujours acérés,

comme un boucher mortel, prêt à tuer.

 

Son dos est une armée de dards coupants 

qui menacent ses ennemis; ses yeux

en fureur brillent comme des vers luisants;

son groin creuse des tombes en tous lieux;

gêné, il frappe qui vient s’interposer,

ce qu’il frappe, ses défenses vont le tuer.

 

Ses flancs musclés armés de soies dressées, 

ne peuvent être percés par ta pique;

son petit cou épais ne peut être blessé;

furieux, il défiera le lion d‘Afrique:

les roncières et les abondants fourrés,

s’écartent quand il déboule, comme apeurés.

 

Hélas ! il ne fait cas de ton visage, 

à qui les yeux de l’amour rendent hommage;

ni de tes yeux, mains, et tendres lèvres,

dont les perfections surprennent l’univers;

t’ayant en son pouvoir, horrible idée !

il ravagerait ta beauté comme les prés.

 

O ! laisse le dans son abri répugnant;

la beauté n’a que faire de tels monstres:

ne va pas prendre de risque en l‘approchant;

il prend conseil d’amis celui qui prospère.

Je te dis tout, quand tu en as parlé,

j’ai eu peur et tout mon corps a tremblé.

 

N’as-tu pas vu ma face immaculée ? 

au fond de mon œil, ne vis tu pas la peur ?

ne me suis-je évanouie ? ne suis-je tombée ?

tu es sur ma poitrine où bat mon cœur,

tremblement de terre qui jamais n’arrête,

il te secoue sur mon sein; il halète.

 

Où règne l’amour, la troublante jalousie 

s’érige en garde de l’Affection dès lors;

donne de fausses alertes, souffle la mutinerie,

et pendant la paix crie ‘à mort, à mort !’

de tout désir l’amour est dessaisi,

comme l’air et l’eau éteignent l‘incendie.

 

Cet espion vicieux, ce fourbe délateur, 

qui dévore le printemps d’amour, ce ver,

la jalousie dissensuelle, autre rapporteur

de nouvelles tantôt fausses, tantôt vraies,

frappe à mon cœur et me murmure tout bas

que si je t’aime, je dois craindre ton trépas:

 

Bien plus, il fait apparaître à mes yeux correcte

l’image d’un sanglier déchaîné,

et sous les soies de son dos épineux

c’est toi que je vois, toi, ensanglanté;

ce sang versé sur les fleurs du matin,

incline leurs têtes, les fléchit de chagrin.

 

 

 

à suivre...

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