Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Mermed

Venus et Adonis par Shakespeare (William)

Venus et Adonis par Shakespeare (William)

'It shall be cause of war and dire events,

And set dissension 'twixt the son and sire;

Subject and servile to all discontents,

As dry combustious matter is to fire:

Sith in his prime Death doth my love destroy,

They that love best their love shall not enjoy.'

 

By this, the boy that by her side lay kill'd

Was melted like a vapour from her sight,

And in his blood that on the ground lay spill'd,

A purple flower sprung up, chequer'd with white;

Resembling well his pale cheeks, and the blood

Which in round drops upon their whiteness stood.

 

She bows her head, the new-sprung flower to smell,

Comparing it to her Adonis' breath;

And says within her bosom it shall dwell,

Since he himself is reft from her by death:

She drops the stalk, and in the breach appears

Green dropping sap, which she compares to tears.

 

'Poor flower,' quoth she, 'this was thy father's guise,

Sweet issue of a more sweet-smelling sire,

For every little grief to wet his eyes:

To grow unto himself was his desire,

And so 'tis shine; but know, it is as good

To wither in my breast as in his blood.

 

'Here was thy father's bed, here in my breast;

Thou art the next of blood, and 'tis thy right:

Lo! in this hollow cradle take thy rest,

My throbbing heart shall rock thee day and night:

There shall not be one minute in an hour

Wherein I will not kiss my sweet love's flower.'

 

Thus weary of the world, away she hies,

And yokes her silver doves; by whose swift aid

Their mistress, mounted, through the empty skies

In her light chariot quickly is convey'd;

Holding their course to Paphos, where their queen

Means to immure herself and not be seen.

 

 

Il causera guerres et bouleversements,

et entre fils et pères des désaccords;

sujet servile de tous mécontentements,

comme le bois l’est du feu: puisque la mort

tua mon amour en sa fleur, qui aime

mieux n’en profitera pas de même.

 

L’enfant mort, à côté d ‘elle étendu

disparut de ses yeux en une nuée

et dans son sang sur la terre répandu,

naquit une fleur pourpre de blanc tavelée;

une réplique de ses joues de pâleur

et des gouttes rondes de sang sur leur blancheur.

 

Elle se penche pour sentir la nouvelle fleur,

la compare au souffle de son Adonis;

elle dit qu’elle restera en son cœur,

puisque son amour la mort le lui prit:

une sève de jade, quand elle coupe la fleur

s’écoule, elle la compare à des pleurs.

 

Pauvre fleur, suave rejeton d’un père

plus suave, ‘ dit-elle, ‘c’était son désir,

que la moindre peine mouille ses paupières:

croître dans la solitude fut son plaisir,

c’est aussi le tien; saches-le, autant

te flétrir dans mon cœur que dans son sang.

 

Vois le lit de ton père, là dans mon sein;

tu es l’héritière, à toi l‘usufruit:

Oui ! repose-toi au fond de ce couffin,

mon cœur qui bat te bercera jour et nuit;

il ne passera pas une minute par jour

sans que je t’embrasse fleur de mon amour. ‘

 

Tellement lasse du monde, elle part, et attelle

ses deux colombes d’argent, qui vont aider

leur maîtresse à s’envoler à tire-d’aile

dans les cieux vides sur son char léger;

elles filent vers Paphos, où leur reine, Venus

veut s’emmurer pour ne plus être vue.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article