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Publié par Mermed

Marlène Dumas

Marlène Dumas

'Call it not, love, for Love to heaven is fled,

Since sweating Lust on earth usurp'd his name;

Under whose simple semblance he hath fed

Upon fresh beauty, blotting it with blame;

Which the hot tyrant stains and soon bereaves,

As caterpillars do the tender leaves.

 

'Love comforteth like sunshine after rain,

But Lust's effect is tempest after sun;

Love's gentle spring doth always fresh remain,

Lust's winter comes ere summer half be done.

Love surfeits not, Lust like a glutton dies;

Love is all truth, Lust full of forged lies.

 

'More I could tell, but more I dare not say;

The text is old, the orator too green.

Therefore, in sadness, now I will away;

My face is full of shame, my heart of teen:

Mine ears, that to your wanton talk attended

Do burn themselves for having so offended.'

 

With this he breaketh from the sweet embrace

Of those fair arms which bound him to her breast,

And homeward through the dark laund runs apace;

Leaves Love upon her back deeply distress'd.

Look, how a bright star shooteth from the sky

So glides he in the night from Venus' eye;

 

Which after him she darts, as one on shore

Gazing upon a late-embarked friend,

Till the wild waves will have him seen no more,

Whose ridges with the meeting clouds contend:

So did the merciless and pitchy night

Fold in the object that did feed her sight.

 

Whereat amaz'd, as one that unaware

Hath dropp'd a precious jewel in the flood,

Or 'stonish'd as night-wanderers often are,

Their light blown out in some mistrustful wood;

Even so confounded in the dark she lay,

Having lost the fair discovery of her way.

 

And now she beats her heart, whereat it groans,

That all the neighbour caves, as seeming troubled,

Make verbal repetition of her moans;

Passion on passion deeply is redoubled:

'Ay me!' she cries, and twenty times, 'Woe, woe!'

And twenty echoes twenty times cry so.

 

She marking them, begins a wailing note,

And sings extemporally a woeful ditty;

How love makes young men thrall and old men dote;

How love is wise in folly foolish-witty:

Her heavy anthem still concludes in woe,

And still the choir of echoes answer so.

 

Her song was tedious, and outwore the night,

For lovers' hours are long, though seeming short:

If pleas'd themselves, others, they think, delight

In such like circumstance, with such like sport:

Their copious stories, oftentimes begun,

End without audience, and are never done.

 

For who hath she to spend the night withal,

But idle sounds resembling parasites;

Like shrill-tongu'd tapsters answering every call,

Soothing the humour of fantastic wits?

She says, ''Tis so:' they answer all, ''Tis so;'

And would say after her, if she said 'No'.

 

 

 

Ne l’appelle pas amour, il s‘est envolé,

sur terre la luxure usurpe son rang;

par sa ressemblance dévore la beauté

candide, la couvrant d‘opprobre; le tyran

en rut la souille et la détruit comme

les chenilles le font avec les pommes.

 

L’amour c’est le soleil après la pluie,

la luxure, tempête après le soleil;

le doux printemps d’amour est adouci,

l’hiver de luxure vient à mi-été.

L’amour a faim, la luxure meurt glouton;

l’amour est vrai, la luxure un félon.

 

Je pourrai en dire plus, je n’ose pas;

l’orateur est trop vert, le texte vieux.

Aussi, tristement, je vais partir là;

je suis honteux, mon cœur est malheureux:

mes oreilles qui ont suivi tes mots lestes,

sont si choquées qu’elles en brûlent du reste.

 

Sur ce il met fin à la douce étreinte

de ses bras qui le tiennent contre son sein,

et rentre à grand pas par la lande éteinte;

il la laisse sur le dos en plein chagrin.

L’astre brillant qui de nuit file aux cieux,

c’est lui qui délaisse Venus et ses yeux.

 

Elle le regarde, comme un homme, sur la grève

voit l’ami à peine monté à bord,

tant que les vagues démontées dont les crêtes

rallient les nuages donnent leur accord;

ainsi ce qui avait charmé sa vue

dans la nuit cruelle et noire, disparut.

 

Surprise comme l’inconscient qui a laissé

tomber un riche joyau dans le torrent,

troublée comme le sont ceux qui ont erré

de nuit, lampe morte dans un bois inquiétant;

décontenancée elle reste dans la nuit,

perdue cette belle chose trouvée aujourd‘hui.

 

Et elle frappe son cœur en pleurs maintenant

les grottes alentour en semblent troublées,

et répètent tous ses gémissements;

la passion vient la passion redoubler:

Hélas,’ crie t-elle, et vingt fois, ‘quel malheur !’

vingt échos redisent vingt fois la clameur.

 

Voyant cela, elle entame sur un ton

plaintif son chant, pleur atemporel;

il dit l’amour sage, fou dans sa raison

qui asservit les jeunes, éreinte les vieilles;

son refrain se conclut dans le malheur,

et toujours l’écho reprend en chœur.

 

Son chant lassant dura plus que la nuit,

les heures des amants paraissent brèves, elles durent;

s’ils sont heureux, ils croient que tous aussi

trouvent les mêmes plaisirs dans un amour pur;

leurs histoires prolixes, souvent recommencées,

faute d’auditeurs finissent inachevées.

 

Avec qui pourrait-elle passer la nuit,

sinon ces parasites, les sons oiseux;

comme des taverniers stridents en leurs cris

qui amadouent les désirs capricieux ?

Elle dit, ‘c’est ainsi,’ ils répondent, ‘c’est ainsi,’

ils diraient comme elle si elle disait, ‘nenni’.

 

à suivre

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