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Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

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Mermed (12)

Mermed   (12)
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Rolles et Dupuy sont bien arrivé à la papeterie dans une des zones industrielles de Henoke.

- Bonjour, police, nous avons rendez-vous avec le directeur.

- Bonjour messieurs, je le préviens.

Le directeur, un homme encore jeune, arrive.

- Bonjour messieurs, nous allons nous installer dans la salle de réunion.

Après avoir demandé à sa secrétaire de préparer trois cafés, il les écoute,

- Vous savez pour quelle raison nous venons..

- Le corps retrouvé à Haran?

- Oui, il était dans un des cartons de la papeterie.

- Je ne savais pas.

- On ne l’a appris qu’hier soir, quelle est la procédure que vous suivez pour livrer l’atelier?

- Toutes les marchandises que nous leur envoyons sont mises en carton en présence d’un représentant de l’administration qui vérifie et signe le listing. Les cartons sont fermés devant lui et chargés dans une camionnette, toujours en sa présence, on ne peut pas prendre de camion, le sas de la prison ne le permet pas, trop petit. A Haran, ils vérifient le listing et déchargent la camionnette. Dans l’autre sens, quand on charge le travail terminé, on procède de la même façon. Nous ne travaillons qu’avec des administrations, c’est le premier problème que l’on rencontre. Je ne comprends pas.

- Comment s’est passé le transport, avant hier?

- Rien de spécial, je vais quand même me renseigner.

Il appelle le Chef du service transport qui les rejoint en salle de réunion.

- Est-ce qu’il y a eu un problème dans le transport d’avant hier pour la prison?

- Rien. Ah si, deux pneus ont éclaté, c’est tout.

- Le chauffeur est là?

- Il est en congé aujourd’hui.

- Vous avez son nom et son adresse?

Le gars s’appelle Robert Mitche, il travaille pour la papeterie depuis douze ans. Quelqu’un de très fiable, divorcé, il vit seul. Ils demandent aussi où ils pourraient le trouver s’il n’est pas chez lui- il n’a pas de téléphone portable-

- Il sera peut être chez son amie.

- Vous savez où elle habite?

- Non, mais je crois que Bouroux le sait.

Celui ci donne l’adresse de la fille.

- Elle n’a pas encore le téléphone, elle vient tout juste d’emménager c’est pour l’aider que Robert a pris une journée.

Pendant que Rolles conduit, Dupuy appelle Ichebac pour le mettre au courant.

Ils arrivent dans une rue triste d’un quartier populaire. Mitche habite au troisième d’un vieil immeuble, sans ascenseur. Ils frappent à la porte, aucun bruit, ils insistent, l’autre porte du palier s’ouvre.

- Vous cherchez monsieur Mitche?

- Oui.

- Il était là en fin d’après midi hier, mais je crois qu’il est reparti, je ne pense pas qu’il ait dormi chez lui, il a du aller chez son amie, il est jeune…

Ils redescendent et partent chez la fille, c’est une petite maison, neuve, il y a encore des emballages tout autour, Rolles sonne, au bout de quelques instants, une jeune femme qui manifestement vient à peine de se lever, leur ouvre la porte.

- Bonjour madame, Police, Monsieur Mitche est il chez vous?

- Oui, qu’est ce qui se passe?

- Nous avons besoin de son témoignage.

- Entrez je vais le chercher, nous nous sommes couché très tard, il a tout voulu finir d’installer hier.

Quelques minutes passent, elle revient suivie par un homme.

- Vous voulez me voir messieurs?

Ils lui expliquent ce qui s’est passé à la prison.

- Vous n’étiez pas au courant?

- Non, en travaillant hier je n’ai pas écouté la radio ni lu le journal.

- Pendant le voyage avant hier, deux pneus ont éclaté?

- Oui. Normalement, je mets une heure et demie pour faire le trajet, les deux pneus ont éclaté en même temps, j’ai eu peur de virer, je n’ai pas compris ce qui s’est passé, la camionnette sortait du garage, ils avaient changé tous les pneus.

- Qu’avez vous fait?

- J’ai prévenu la boîte et comme je n’avais qu’une roue de secours, je suis parti au village le plus proche.

- A quelle distance?

- Environ deux kilomètres, un monsieur m’a pris en voiture et m’a déposé au garage; je connais depuis longtemps le patron.

- Quel garage?

- Le garage des Monts, monsieur Morel. Il n’avait pas de pneu de la bonne dimension mais il devait être livré un peu plus tard, il a appelé son fournisseur pour qu’il ajoute deux pneus, ils sont arrivés en fin de matinée.

- Qu’est ce que vous avez fait?

- J’ai été boire un café et je suis revenu attendre au garage.

- Et?

- Vers midi Monsieur Morel m’a emmené à la camionnette, nous avons changé les roues.

- Ça a pris longtemps?

- Une demi-heure à peine.

- Et puis?

- Nous sommes repartis au village.

- Comment?

- Lui avec sa voiture, moi avec la camionnette, comme il n’a pas voulu que je paye le dépannage, je lui ai offert l’apéro et moi, j’ai pris un sandwich et un café.

- Vous avez laissé la camionnette environ trois heures?

- Oui.

- Elle était fermée?

- Oui.

- Pas d’alarme?

- Si.

- Facile à ouvrir sans que l’on s’en aperçoive?

- Toutes les alarmes sont faciles à débrancher….

- Vous ne voyez rien d’autre?

- Non.

Après avoir noté l’endroit où était garée la camionnette ainsi que l’adresse du garage qui a fait la révision, ils repartent, ils ont faim.

- On va manger un plat quelque part et je vais appeler Ichebac, on va lui demander de ce renseigner sur ce Mitche, mais j’ai l’impression qu’il est net. Après on passera au garage qui fait l’entretien de la camionnette.

à suivre

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