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Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

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La femme à 1000°

Hallgrímur Helgason, né le 18 février 1959 à Reykjavik

Hallgrímur Helgason, né le 18 février 1959 à Reykjavik

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Ce roman est une œuvre de fiction inspirée de personnages réels. La narratrice est une dame âgée facilement que tous les Islandais connaissent : Brynhildur Georgía Björnsson (1930-2008), petite-fille de Sveinn Bjørnsson, ancien ambassadeur d’Islande au Danemark et premier président du pays après l’indépendance. Le père de Brynhildur, fils du président, a combattu dans l’armée nazie sur le front de l’Est pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce fait n’est plus ni un tabou ni un secret de polichinelle en Islande, mais il est certain que l’on préfère ne pas s’en souvenir.

Le plus grand auteur du pays est peut-être revenu rouvrir une vieille plaie avec son récit. Cela a provoqué un vif débat en Islande, où Hallgrímur Helgason a été accusé de nécrophilie littéraire – principalement par la fille de Brynhildur, Guðrún Jónsdóttir, qui devrait se rendre compte que ce roman ne fait que rendre Brynhildur Georgía Björnsson plus présente, plus intéressante et très attachante.

Hallgrímur Helgason savait parfaitement où il mettait les pieds. Autrement dit, sur les pieds de Guðrún Jónsdóttir. Il a choisi d'être un homme mauvais, mais un bon écrivain. Aujourd'hui, il dit – non sans ironie ! – que le roman devrait peut-être avoir des pages jaunes et des pages blanches, afin que l'on puisse facilement distinguer où s'arrête la représentation de la réalité et où commence la fiction. Mais où serions-nous s'il n'existait que des représentations autorisées et moralement approuvées de la vie des gens célèbres ?

Jugez avec ces quelques phrases si la représentation en valait la peine:

«Moi-même, je porte la pâleur de la traîtrise, et je patiente, verdissante, perruque grise sur tunique blanc linceul.  Comme un juif duranr une panne de gaz.»

«Ma jeunesse fut noyée d’îles.»

«Chaque instant remémoré est une île dans les profondeurs du temps.»

«En ce monde pour survivre, pour la femme mieux vaut être un homme comme les autres.»

«On pourrait nous mélanger à de l’engrais, nourrir les fleurs au lieu de les tuer en notre honneur.»

«Il finit par se dandiner à travers la piste de danse, comme un saumon ivre à travers un banc de hareng...»

«les arbres sont si petits en Islande, que si l’on se perd dans une forêt, il suffit de lever la tête»

«le socialisme m’était toujours apparu comme une version polie du communisme – un taureau écorné.»

Quel bonheur ce serait si la France avait un écrivain de ce talent!

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