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Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

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The left-handed girl

Film de Shih-Ching Tsou et Szan Baker avec Janel Tsai, Nina Ye, Shi-Yuan Ma

Film de Shih-Ching Tsou et Szan Baker avec Janel Tsai, Nina Ye, Shi-Yuan Ma

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Dans de nombreuses cultures, la main gauche est taboue. Certaines traditions la considèrent impure, d'autres estiment que quiconque l'utilise est impur, tant physiquement que spirituellement. Lorsque I-Jing (Nina Ye), la protagoniste aussi petite et jeune que remarquable apprend de son grand-père (Akio Chen), un homme aux traditions ancestrales, que la main gauche est associée au diable en personne dans la culture taïwanaise, la jeune fille est bouleversée. I-Jing, gauchère, vient de rentrer à Taipei avec sa mère Chu-Fen (Janel Tsai) et sa sœur aînée I-Ann (Shih-Yua Ma), et l'adaptation à la vie citadine est déjà suffisamment difficile sans avoir à se soucier d'une main maléfique. 

Shih-Ching Tsou, qui a produit de nombreux films du Sean Baker (palme d‘or à Cannes avec Anora en 2024), revient derrière la caméra pour réaliser un film intimiste et divertissant qui suit le parcours de trois générations de femmes dans le Taipei contemporain. La force de ce film, coécrit par Tsou et Baker, réside dans son portrait authentique du quotidien d'une métropole trépidante. 

 J‘ai trouvé que la plus grande réussitre de ce film – très réussi – c‘est quand Tsou nous propose une grammaire (jamais vue auparavant) de la façon dont la perspective modifie l'atmosphère d'une ville. Lorsque la caméra est basse, suivant I-Jing qui se faufile entre les étals du marché animé, Taipei semble pétiller, s'animant d'une autre manière lorsque I-Ann sillonne les rues en scooter, ses cheveux noirs flottant au vent comme une cape, et le résultat est encore différent à hauteur des femmes ou des hommes.

Le film regorge de moments d'une grande sensibilité, qu'ils proviennent de la communauté improvisée formée par les vendeurs du marché nocturne où Chu-Fen ouvre un restaurant de nouilles, ou de la claustrophobie de l'appartement qu'elle partage avec ses filles.

Je ne raconterai pas ce film (plein de surprises), mais les images sont superbes, et rapides, et toutes les actrices sont, de la plus jeune (qui a 6 ans) à sa grand-mère sont superbes.

 

 

 

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