J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com
13 Février 2025
Ce roman de Murakami est composé comme un morceau de Jazz – cette musique qui l’a fait vivre pendant des années et qu’il écoute toujours, encore dans ce roman...
C’est un thème, qui s’enchevètre avec un autre, et les deux sont repris en improvisations oniriques par quatre solistes, deux femmes et deux hommes – chacun pouvant être l’autre.
Je m’autorise un conseil, en lisant Murakami, soyez toujours prêt à mettre en place un arrière plan sonore – la musique peut déranger la lecture de certains, alors faites une pause et écoutez, ici Paul Desmond avec Dave Brubeck ou avec Jim Hall, aussi McCoy Tyner (peut-être est-ce lui...) dans Star Eyes ou bien Chet Baker et Gerry Mulligan,
tous des morceaux pour accompagner le lecteur de rêves dans cette mélancolique digression autour d’un paysage qui est celui du poème Kublaï Khan de Coleridge :
“Mais quel romantisme ce profond gouffre qui plongeait
dans la colline verte à l’ombre des cèdres de son flanc !
un endroit sauvage ! aussi sacré et enchanté
qu’aucun, sous une lune blafarde, hanté
par quelque femme gémissant pour son démoniaque amant !”
et aussi autour de l’opéra La Femme sans ombre de Richard Strauss (livret de Hugo von Hofmannsthal)
Un très beau roman qui peut décontenancer, et qui nous contraint à revenir à la sagesse du psaume 144:
«L’homme est semblable à un souffle, ses jours sont comme l’ombre qui passe.»