J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com
12 Octobre 2021
Full gently now she takes him by the hand,
A lily prison'd in a gaol of snow,
Or ivory in an alabaster band;
So white a friend engirts so white a foe:
This beauteous combat, wilful and unwilling,
Show'd like two silver doves that sit a-billing.
Once more the engine of her thoughts began:
'O fairest mover on this mortal round,
Would thou wert as I am, and I a man,
My heart all whole as thine, thy heart my wound;
For one sweet look thy help I would assure thee,
Though nothing but my body's bane would cure thee.'
'Give me my hand,' saith he, 'why dost thou feel it?'
'Give me my heart,' saith she, 'and thou shalt have it;
O! give it me, lest thy hard heart do steel it,
And being steel'd, soft sighs can never grave it:
Then love's deep groans I never shall regard,
Because Adonis' heart hath made mine hard.'
'For shame,' he cries, 'let go, and let me go;
My day's delight is past, my horse is gone, 380
And 'tis your fault I am bereft him so:
I pray you hence, and leave me here alone:
For all my mind, my thought, my busy care,
Is how to get my palfrey from the mare.'
Thus she replies: 'Thy palfrey, as he should,
Welcomes the warm approach of sweet desire:
Affection is a coal that must be cool'd;
Else, suffer'd, it will set the heart on fire:
The sea hath bounds, but deep desire hath none;
Therefore no marvel though thy horse be gone.
'How like a Jade he stood, tied to the tree,
Servilely master'd with a leathern rein!
But when he saw his love, his youth's fair fee,
He held such petty bondage in disdain;
Throwing the base thong from his bending crest,
Enfranchising his mouth, his back, his breast.
'Who sees his true-love in her naked bed,
Teaching the sheets a whiter hue than white,
But, when his glutton eye so full hath fed,
His other agents aim at like delight? 400
Who is so faint, that dare not be so bold
To touch the fire, the weather being cold?
'Let me excuse thy courser, gentle boy;
And learn of him, I heartily beseech thee,
To take advantage on presented joy
Though I were dumb, yet his proceedings teach thee.
O learn to love, the lesson is but plain,
And once made perfect, never lost again.
'I know not love,' quoth he, 'nor will not know it,
Unless it be a boar, and then I chase it;
'Tis much to borrow, and I will not owe it;
My love to love is love but to disgrace it;
For I have heard it is a life in death,
That laughs and weeps, and all but with a breath.
Très doucement elle le prend par la main,
une geôle de neige pour un lys enfermé,
ou de l’ivoire qui d’albâtre serait ceint;
l’ami blanc encercle l’ennemi immaculé:
belle lutte, entre qui désire et qui rejette,
comme deux colombes d’argent qui se becquettent.
Le cours de ses pensées reprend bientôt,
‘O toi le plus beau vivant de ce globe mortel,
serais-tu qui je suis, et moi un homme,
mon cœur, le tien, qui aurait mes blessures;
pour un doux regard tu aurais mon aide,
quoique seul mon corps puisse être un remède.’
‘rends ma main, pourquoi la tiens tu ?’ il dit,
‘rends moi mon cœur et je vais te la rendre‘;
donne, de peur que ton cœur soit endurci,
et reste sourd à mes soupirs si tendres;
je suis fermée à l‘amour et aux pleurs,
si celui d’Adonis durcit mon cœur.
‘Allons, crie t’il, ‘laisse, et laisse-moi aller;
plus de joie aujourd’hui, mon cheval parti,
c’est ta faute si j’en suis ainsi privé:
je t’en prie, laisse-moi seul: car mon esprit,
mes pensées, mon souci, se mobilisant
pour enlever mon cheval à cette jument.
Elle répond: ’comme il se doit, ton palefroi
accepte bien vite le désir amoureux:
l’amour est un charbon qui doit être froid;
faute de quoi il met le cœur en feu:
la mer a des limites, pas le désir;
voici pourquoi ton cheval doit partir.
Tel une Rosse, lié à l’arbre, prisonnier
d’une rêne de cuir ! son amour quand il la vit,
ce beau prix de jeunesse, il ne put envisager
pour cet esclavage mesquin que mépris;
défit le vil lien de son cou cambré,
et bouche, croupe, poitrail sont libérés.
Qui voyant son amour sur son lit nu,
dévoilant aux draps un blanc plus blanc,
mais, quand son œil gourmand s’en est repu,
ne veut pour tous ses sens même ravissement ?
Qui est assez lâche, pour ne pas oser
quand il fait froid approcher le foyer ?
Laisse-moi excuser ton coursier, bel enfant;
et apprends de lui, je t’en conjure,
à profiter du plaisir de l’instant
moi muette, tire profit de son allure.
Apprends à aimer, la leçon est claire,
une fois comprise, jamais on ne la perd.
‘L’amour, je n’en sais rien et n’en saurai
rien, sauf si c’est un ours que je chasserai;
je ne veux devoir un prêt aussi lourd;
ce que j’aime c’est vilipender l‘amour;
il est, une vie dans la mort, dit-on,
qui rit et pleure en une respiration.
Qui porte un vêtement ni fait ni à faire ?
Qui cueille le bouton avant que la feuille soit là ?
Si ce qui pousse est diminué d’un iota,
ça flétrit avant l‘âge, ne vaut pas cher;
le poulain monté et chargé se défait
de sa fierté et ne se renforce jamais.
à suivre