J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com
13 Avril 2026
Sang pour sang ne perd pas de temps pour imposer le style et le ton qui deviendra la caractéristique des frères Coen, mélange subtil de subversion des genres, d'humour pince-sans-rire et de suspense haletant.
Dès le début, le film tisse une intrigue policière rigoureuse qui réunit l’habituelle bande d’ahuris – pour ne pas dire de crétins – que l’on rencontrera régulièrement devant leur caméra. Tous les acteurs sont convaincants, avec une mention spéciale à Emmet Walsh, brillantissime dans le rôle du détective aussi nul que pourri.
Le directeur de la photographie, Barry Sonnenfeld, confère au film une identité visuelle empreinte d'atmosphère et d'ombres, puisant dans les codes du film noir sans tomber dans la parodie.
Le suspense est suffocant, et des séquences comme la confrontation dans l'appartement d'Abby ou les derniers instants de Marty paraissent aussi novatrices et techniquement abouties que tout ce qu'ils ont réalisé par la suite.
Sang pour sang est discipliné, réfléchi et suffisamment intelligent pour que ses silences soient éloquents.