J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com
1 Avril 2026
La Soif du mal est incontestablement un chef-d'œuvre, ne serait-ce que parce qu'il s'agit d'Orson Welles dans toute sa splendeur et qui parvient à créer une tension palpable et une confrontation explosive qui couve superbement grâce à la réalisation magistrale de Welles, magnifiquement servie par la photographie exceptionnelle de Russell Metty.
Le sexe, la violence et la corruption, moteurs des films noirs sont restitués ici par petites touches d'une force obsédante.
Welles ne s'est fait aucun cadeau, il est Quinlan, alcoolique obèse et bancal, pourri et totalement antipathique, filmé le plus souvent, comme la plupart des acteurs du film en contre-plongées saississantes. Incroyable personnage, il avait 42 ans, on lui en donne le double ou pas loin...Il est le visage du mal, du vice, de tous les vices, jamais acteur ne l'a été à ce point. Il est aussi la personnification de la disparition de l'humanité, comme le sont les petites gouapes du clan des Gandi – les narcos locaux.
En contre point de toutes ces laideurs, une Janet Leigh, semi vierge effarouchée mais aguicheuse, et la beauté toujours aussi ambiguë de Marlène Dietrich...
Je me répète, nous sommes devant un véritable chef-d'œuvre dont certaines répliques peuvent devenir des sujets de méditation dans les temps politiques actuels, : « Le travail d'un policier n'est facile que dans un État policier ! »