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Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

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Beaucoup m'ont dit que je devrais lire les romans de Michel Houellebecq - qu'ils me donneraient un aperçu unique de la masculinité, de la France, de l'islam, du tourisme sexuel, du capitalisme tardif, de la condition humaine et d'autres choses sur lesquelles que je devrais probablement en savoir plus.

Alors j'ai pensé, vous savez quoi, je vais me mettre (je devrais dire remettre, j'avais lu, enfin parcouru un livre de cet auteur: Les Particules élémentaires) entre les mains de l'un de ses narrateurs catatoniquement déprimés, racistes, misogynes et homophobes et voir ce que j'apprends sur le sort de l'homme moderne. Mais maintenant que je l'ai fait, je ne peux m'empêcher de me demander pourquoi ces personne m'ont suggéré cela - à moins, bien sûr, que ce ne soit qu'un appel à la clémence, comme un patient en phase terminale jetant des regards significatifs sur un oreiller.
La Sérotonine  est racontée du point de vue de Florent-Claude Labrouste, 46 ans, ingénieur agronome qui entreprend de démanteler sa vie de façon calculée mais peu héroïque, voyant dans sa propre libido déclinante une métaphore poignante de l'état de la démocratie occidentale.

En tant qu'écrivain, Houellebecq est aussi bâclé et lâche que son narrateur, faisant vaguement des gestes vers des idées sans jamais voir à travers. 
On peut presque l'entendre se demander comment il pourrait pimenter les choses. Une fille japonaise ayant des relations sexuelles avec un chien ? Est-ce suffisant ? Peut-être deux chiens ?
Cela devient vite banal et prévisible, un roman dont on se met aussitôt à questionner l'universalité. Est-il vraiment exact que "personne en Occident ne sera plus jamais heureux" ? Est-il vrai que les amitiés de jeunesse « ne survivent jamais à l'âge adulte » ? Est-ce que tout ce qui compte au final est « une chatte qui commence à se mouiller » ? C'est un monde sans pitié, sans amour, sans affection - et, finalement, sans vérité, puisque le monde contient toutes ces choses. Ce refus de faire face à la complexité de l'expérience humaine rend Sérotonine aussi inutile au cerveau qu'à l'âme.

Si il m'est impossible de trouver le moindre intérêt littéraire à cela,
en revanche, j'admire profondément tous ceux qui réussissent à faire croire qu'il y a là de la grande littérature...
très belle réussite commerciale.

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