Te souviens-tu Arthur
A peine le dernier sanctuaire marqué
Un soir que tu t’attendais
Tu étais dans ce pub enfumé du nord de l’Angleterre
De ce concert du Duke chez les djeordies
The more you go north the better the beer
Et la fille, quelle fille…
What a spell she put on you
Not a word
Ce que tu voulais
pas un mot
Alors que Paul Gonçalves breakait Solitude
Le morceau que te jouait à l’hôtel des étrangers
Ernest, ton appreneur de couleurs
Dès que tu arrivais
Et puis tu es reparti
L’armée, la neige
Des pas et des pas
Encore et toujours
À te faire exploser le genou
De quelle jambe
Ta douleur hésitait
ce départ pour Harar pourquoi arar?
Pourquoi Smara
Pour ne pas décrire
Pour ne pas risquer de décrire un jour
Pourquoi Moby Dick
Quand il n’y a plus rien à trouver
Voyant comme le vieux Tirésias
Quand tout a été perçu
Quand on a été au-delà
Quand les mots ne sont plus que porteurs de signes
D’outre-tombe
Il n’y a plus besoin de mots
Plus besoin de paroles
Ne reste que l’ennui
L’ennui immense comme l’infini des déserts
Déserts de sable
Déserts de pierre
Déserts d’eau
L’ennui en attente de l’éternité
L’ennui en attente
L’ennui
La souffrance pour rester deux heures
Dans Smara menacée
Menacé de mort
Et venir mourir à Marseille
Comme ces inventeurs méritants de nos vies
Je suis réellement d’outre-tombe
Et douze jours
La jambe attachée autour du cou
Et des jours le pilon vissé dans le pont du Pequod
Pour trouver
Mais Arthur Gordon Rimbaud
Il avait trouvé
Avant vingt ans
Assez vu
Assez eu
Assez connu
Deux heures d’infini
Et d’éternité à vingt-six ans pour ce vieil ange
La beauté de l’ange noir du retour
En ange blanc au départ
Une quête de l’interdit
De ce qui rend muet pour toujours
Pourquoi écrire après avoir retrouvé Moby Dick
Séduire le chemin qui y même
Sans espoir
Et ta quête
Ton chemin tu es celui qui les a faits après avoir trouvé
Tu te réveilles déjà dans les douleurs
parce qu’il faut partir
Mais en souffrances
Achab tu souffres
Et tu meurs sur Moby Dick
Michel tu vois Smara
Et tu meurs
Arthur tu te vois voyant
Et tu traînes ta mort
Jusqu’à Marseille
Et sur une pierre
Dans un temple aux dieux inconnus
Une simple plaque
à tous ces fils du soleil
Brûlés par les ténèbres
Ils ont grandement échoués, mais Ils avaient grandement osés.