J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com
24 Août 2023
J'ai relu il y a peu Cinna de Corneille,
c'est une pièce que j'avais étudié au lycée,
dont j'avais appris des monologues par cœur,
et que j'avais vue une fois au théâtre.
J'ai eu du plaisir à cette lecture des années plus tard.
Une lecture qui est d'une actualité frappante:
dans les mots de Cinna:
Et le peuple, inégal à l'endroit des tyrans, S'il les déteste morts, les adore vivants.
Ou ceux d'Auguste,
L'ambition déplaît quand elle est assouvie, D'une contraire ardeur son ardeur est suivie; Et comme notre esprit, jusqu'au dernier soupir, Toujours vers quelque objet pousse quelque désir, Il se ramène en soi; n'ayant plus où se prendre, Et, monté sur le faîte, il aspire à descendre.
En revanche, ce qui fait Corneille,
ce goût pour les sentiments grandioses,
on le chercherait en vain autour de nous,
Essayez sur Cinna ce que peut la clémence,
Faites son châtiment de sa confusion;
Son pardon peut servir à votre renommée...
Et qu'enfin la clémence est la plus belle marque
Qui fasse à l'univers connaître un vrai monarque.
Outre le plaisir – si peu accordé par la plupart de ceux qui ont un clavier sous les doigts,
voire une plume à la main – de lire des beaux mots,
dans des vers ou des phrases bien construits,
se retrouver confronté pendant deux heures à de grands sentiments,
cela est plutôt exaltant.