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Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

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Marcel Proust

Marcel Proust
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Longtemps, j’ai refermé Du Côté de chez Swann après quelque pages. Parfois, à peine le livre commencé et recommencé mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire: "je m’endors" et de refermer le livre. Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de chercher le sommeil m’éveillait; je voulais poser le volume que je croyais avoir encore dans les mains.

Et puis, un jour, que j’attendais depuis longtemps, Proust m’a pris par la tête, par les yeux, par le cœur pour accompagner les mots de Marcel et depuis je continue de lire et de ruminer mélancolieusement toutes ses phrases que je tente d’assimiler, de comprendre; toutes ses impressions que je ressens par lui interposé, tous ses non-dits.

Je m’ immerge dans les mots ou dans le souvenir que j’en ai …tant d’intelligence et de drôlerie - peu de choses me mettent autant en joie que le pastiche du journal des Goncourt…

Je réfléchis au mystères de la création artistique alors je reviens vers lui pour immobiliser un peu de temps à l’état pur….une minute affranchie de l’ordre du temps, a recréé en nous pour le sentir, l’homme affranchi de l’ordre du temps.

Quant au livre intérieur de signes inconnus…..cette lecture consistait en un acte de création….l’artiste doit écouter son instinct, ce qui fait que l’art est ce qu’il y a de plus réel…..le livre aux caractères figurés, non tracés par nous, est notre seul livre….seule l’impression, si chétive qu’en semble la matière, si insaisissable la trace, est un critérium de vérité….j’étais arrivé à cette conclusion que nous ne sommes nullement libres devant l’œuvre d’art, que nous ne la faisons pas à notre gré, mais que préexistant à nous, nous devons la découvrir….

On oublie ces écrivains - il y en a de moins en moins il est vrai avec les années- dont on a lu les babillages comme sans faire attention et puis nous voila chez Proust, des heures de lecture et des d’heures ensuite de réflexion- toutes exigeant beaucoup de ce qui nous reste d’ intelligence…..

Et j’ai même entremêler mes mots aux siens…

 

Nous boirons comme chez les Verdurin un Léoville sans préciser davantage Léoville-Barton,Léoville-las-cases, Léoville Poyferré ….

En écoutant la sonate de Vineuil - on ne peut l’éviter…

dans le claque interlope d’un Combray, regardant par-dessus l’épaule de Charlus un mur peint par Elstir

Ou bien, si l’on est d’humeur moins conventionnelle

En trempant sa madeleine dans un verre de vin doux

Ce sera à Venise ou dans un café de Combray

En écoutant une sonate de Franck ou de Fauré.

 

 

© Mermed

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