J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com
3 Juin 2024
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La prison a retrouvé son calme, les gamelleurs ont distribué le repas à tous les prisonniers qui, comme d’habitude, savent tout. Chacun a sa version de ce qui s’est passé. Les brillants pénalistes de la prison, les artistes du langage imagé, les voleurs de poules et autres braqueurs et même l’anthropophage, tous échangent dans cette atmosphère de franche et courtoise camaraderie qui ne peut se développer que dans un monde aussi raffiné qu’un couloir de prison quelques propos choisis.
- C’est un maton qui s’est fait buter.
- Qui? j’espère que c’est cet enfoiré (c’est peut être un autre mot qui a été utilisé mais le bruit des conversations empêche de bien saisir)
- Connard, c’est pas un maton, c’est…
- Tu me traites de connard, fils de pute.
- Respecte ma famille.
- Ta famille, je les…. (On entend vraiment mal) eh tapette.
Les conversations se poursuivent sur le même ton badin et sympathique dans les cellules.
Mermed est dans la sienne, seul. En Guyane, il était responsable de son groupe qui avait été lâché en autonomie dans la forêt, c’était grand. A la fin des trois semaines, ses copains avaient voulu retourner à Rio où ils étaient allés l’année précédente et où ils avaient passé un mois formidable, mais il n’avait qu’une envie, retrouver Béa. Il n’avait pas pu lui téléphoner tous les jours, mais il l’avait appelé chaque fois qu’il en avait la possibilité. Elle lui avait dit qu’elle l’attendait et qu’elle serait à l’aéroport, ils repartiraient à Toulouse en voiture et passeraient quelques jours dans un coin qui leur plairait. L’avion était arrivé, il avait récupéré son sac, elle était bien là, elle ne l’avait pas encore vu. Elle était un peu inquiète, il était avec les derniers passagers qui sortaient de la salle des bagages. Dès qu’elle l’avait vu, le sourire et le bonheur avait chassé l’inquiétude de son visage et ils s’étaient embrassés sans un mot, heureux, tellement heureux. Ils avaient traversé Paris. Elle l’attendait tous les jours, elle les comptait, il lui avait tellement manqué. Dans l’après midi, ils étaient arrivés dans un village au bord de la Loire où ils avaient trouvé un hôtel calme. Pendant les quelques jours qu’ils y avaient passé ils avaient oublié les trois semaines de séparation. Il pleuvait, il faisait froid, ils ne quittaient pas le village. Le matin ils prenaient le café, ils se promenaient, dînaient à l’hôtel où il n’y avait que quelques couples de touristes qui visitaient les châteaux. Ils aimaient bien ce village, ils s’aimaient. Ils parlaient, il lui racontait la Guyane, la forêt, les Indiens, elle lui avait demandé:
- A quoi servent ces manœuvres, si ça n’est à t’emmener loin de moi?
- A réviser la guerre.
- Et tu aimes la guerre Mermed?
- J’aimais mais depuis que tu m’en parles…
Elle voulait savoir si en Guyane il y avait ces têtes réduites. Il ne croyait pas mais il lui avait raconté qu’au Brésil il y avait des expéditions organisées pour les touristes chez les Jivarosoù ils achetaient des têtes réduites par des sortes de taxidermistes.
- Quelle horreur!
Une nuit, il lui avait dit que dès le premier soir chez Toni, elle lui avait fait penser à une Vierge de la renaissance
- Tu connais la peinture, Mermed?
C’est la première fois qu’il lui parlait de cette ressemblance, qu’ils parlaient de peinture, de son métier à elle.
- Mon père a beaucoup de tableaux, il n’aime que cette période, il nous emmenait en vacances voir des églises, des musées, alors même si je ne l’aimais pas lui, il m’en reste beaucoup de souvenirs.
- Il était comment ce tableau?
- C’était un très grand tableau, au fond d’une église, beaucoup de rouges différents.
- En Italie?
- Oui, mais je ne sais plus dans quelle ville.
- Je sais, on me l’a dit déjà et je le sais que je lui ressemble à cette Vierge, c’est celle de Titien dans l’Assomption.
- C’est ça.
- Je vais te faire aimer cette peinture, moi aussi je l’aime beaucoup.
Et elle lui en avait parlé des heures avec passion, avec finesse et avec simplicité, elle lui racontait Léonard et Raphaël, elle lui décrivait les tableaux, ces visages de femmes qui servaient de modèles aux Vierges de Bellini. En l’écoutant parler des tableaux qu’elle aimait, il retrouvait ses souvenirs, les connaissances qu’il avait malgré tout gardé au fond de lui et il aimait tellement Béa, il aimait ses mots et il aimait ces peintres qui seuls avaient su garder de tels visages pour toujours.
Et ils parlaient de leur vie, elle avait réfléchi à ce qu’ils pouvaient faire, elle avait parlé à son mari, elle lui avait dit qu’elle connaissait un autre homme. Il voulait bien la laisser seule quelque temps pour qu’elle réfléchisse, mais il tenait toujours à elle. Quelque chose la tracassait sans cesse, Mermed le sentait, il lui avait demandé ce que c’était,
- Je ne voudrais pas me tromper encore une fois.
- Tu crois que tu te trompes avec moi?
- Non, mais tu sais quand on a eu une expérience, on reste marqué.
Ils étaient rentrés à Toulouse. Ils avaient pris leur rythme, il était à la caserne du lundi au vendredi, avec elle tous les week end, qu’ils passaient souvent avec Gregor et Marie. Chaque fois le bonheur d’être ensemble les envahissait davantage, chaque fois il lui demandait,
- Quand, Béa, quand?
Chaque fois elle voulait lui dire tout de suite, mais quelque chose l’en empêchait toujours, quoi? Ses scrupules? Son anxiété? Une chose était certaine, son amour pour lui.
Six heures, Danielle s’éveille, seule comme depuis quelques semaines. Pourquoi est-il parti? Heureusement, il y a cette enquête, ça va l’occuper, l’empêcher de penser à lui. Elle a passé une bonne nuit, elle s’est endormie en réfléchissant à la prison, à ce texte qu’elle a lu. La prison, elle y a envoyé des gens mais elle n’en connaît rien. Elle sent qu’il y a forcément un lien entre ce corps et la prison – c’est évident – un lien avec un surveillant ou un détenu, plutôt avec un détenu. Comment trouver ce lien? Comment trouver le détenu concerné?
A sept heures, elle arrive au commissariat.
- Bonjour Madame le commissaire
- Bonjour, on a reçu les journaux?
- Ils sont sur votre bureau.
Elle prend un café au passage et regarde les titres – ceux qui se rapportent à son enquête.
Le Canard Enchaîné «un mort, quatre cent détenus»
Le Figaro «un corps de femme dans une prison d’hommes»
Libération «on est plus en sécurité dans les maisons de sûreté!»
Le Monde «le problème de la sécurité dans les prisonsest posé»
Les titres donnent le ton, les articles font monter la pression, elle sait qu’elle recevra encore beaucoup d’appels aujourd’hui.
- Bonjour, patron, vous êtes matinale.
- Bonjour Ichebac, vous avez réfléchi?
- Oui, mais je n’ai rien trouvé.
Elle pense que cette histoire a un lien avec quelqu’un de la prison, certainement un détenu:
- Oui, c’est logique, on doit avoir affaire à un vicieux.
- Mais intelligent. On va mettre le paquet sur trois points, la papeterie, le transport des colis et l’histoire de tous les détenus. C’est Rolles et Dupuy qui vont à Henoke?
- Oui, les voilà.
- Bonjour messieurs.
- Bonjour patron, bonjour Ichebac.
- Vous avez déjà pris rendez-vous à Henoke?
- Oui, on est attendu à neuf heures.
- Vous nous tenez au courant au fur et à mesure.
Les deux inspecteurs partent au moment où le téléphone sonne sur la table du commissaire
- Oui?
- Bonjour Madame le commissaire, déjà au travail?
- Bonjour Monsieur le préfet, oui il y a de quoi faire.
- Où en êtes vous?
La commissaire lui dit ce qu’ils vont faire aujourd’hui et promet de le tenir au courant.
- Vous voyez ça commence, dit elle à Ichebac.
- Je préfère ma place à la votre.
Rolles et Dupuy sont partis. Ichebac et deux jeunes inspecteurs se mettent à travailler sur le fichier des détenus que la prison leur a fait parvenir pendant la nuit.
A Paris le ministre reçoit le directeur de la police,
- Ce mort dans la prison, du nouveau?
- Un cadavre en huis clos, aucune entrée ou sortie suspecte dans la prison, une enquête qui s’annonce compliquée.
- Qui est en charge?
- Danielle Babel, elle est à Haran depuis deux semaines.
- C’est la fille de Babel?
- Oui.
- J’ai entendu parler d’elle, brillante je crois?
- Oui, elle a réglé l’affaire des otages, celle des documents disparus…
- Pourquoi a t’elle demandé à être mutée?
- Elle savait que Jobe partait à la retraite, c’était le seul poste disponible en province et elle voulait quitter Paris, histoire sentimentale.
- Elle est aussi solide que son père?
- Au moins autant. L’affaire est dans les meilleures mains possibles.
- Veillez à ce qu’elle ait tous les moyens à sa disposition, de tous les services.
- Pas de problème de ce côté, elle a toujours su y faire et comme c’est une très belle femme…
- Je vois, vous me tenez informé tous les jours?
- Bien Monsieur le Ministre.
Rolles et Dupuy sont bien arrivé à la papeterie dans une des zones industrielles de Henoke.
- Bonjour, police, nous avons rendez-vous avec le directeur.
- Bonjour messieurs, je le préviens.
Le directeur, un homme encore jeune, arrive.
- Bonjour messieurs, nous allons nous installer dans la salle de réunion.
Après avoir demandé à sa secrétaire de préparer trois cafés, il les écoute,
- Vous savez pour quelle raison nous venons..
- Le corps retrouvé à Haran?
- Oui, il était dans un des cartons de la papeterie.
- Je ne savais pas.
- On ne l’a appris qu’hier soir, quelle est la procédure que vous suivez pour livrer l’atelier?
- Toutes les marchandises que nous leur envoyons sont mises en carton en présence d’un représentant de l’administration qui vérifie et signe le listing. Les cartons sont fermés devant lui et chargés dans une camionnette, toujours en sa présence, on ne peut pas prendre les camions pour y aller, le sas est trop petit. A Haran, ils vérifient le listing et déchargent la camionnette. Dans l’autre sens, quand on charge le travail terminé, on procède de la même façon. Nous ne travaillons qu’avec des administrations, c’est le premier problème que l’on rencontre. Je ne comprends pas.
- Comment s’est passé le transport, avant hier?
- Rien de spécial, je vais quand même me renseigner.
Il appelle le Chef du service transport qui les rejoint en salle de réunion.
- Est-ce qu’il y a eu un problème dans le transport d’avant hier pour la prison?
- Rien. Ah si, deux pneus ont éclaté, c’est tout.
- Le chauffeur est là?
- Il est en congé aujourd’hui.
- Vous avez son nom et son adresse?
Le gars s’appelle Robert Mitche, il travaille pour la papeterie depuis douze ans. Quelqu’un de très fiable, divorcé, il vit seul. Ils demandent aussi où ils pourraient le trouver s’il n’est pas chez lui- il n’a pas de téléphone portable-
- Il sera peut être chez son amie.
- Vous savez où elle habite?
- Non, mais je crois que Bouroux le sait.
Celui ci donne l’adresse de la fille.
- Elle n’a pas encore le téléphone, elle vient tout juste d’emménager c’est pour l’aider que Robert a pris une journée.
Pendant que Rolles conduit, Dupuy appelle Ichebac pour le mettre au courant.
Ils arrivent dans une rue triste d’un quartier populaire. Mitche habite au troisième d’un vieil immeuble, sans ascenseur. Ils frappent à la porte, aucun bruit, ils insistent, l’autre porte du palier s’ouvre.
- Vous cherchez monsieur Mitche?
- Oui.
- Il était là en fin d’après midi hier, mais je crois qu’il est reparti, je ne pense pas qu’il ait dormi chez lui, il a du aller chez son amie, il est jeune…
Ils redescendent et partent chez la fille, c’est une petite maison, neuve, il y a encore des emballages tout autour, Rolles sonne, au bout de quelques instants, une jeune femme qui manifestement vient à peine de se lever leur ouvre la porte.
- Bonjour madame, Police, Monsieur Mitche est il chez vous?
- Oui, qu’est ce qui se passe?
- Nous avons besoin de son témoignage.
- Entrez je vais le chercher, nous nous sommes couchés très tard, il a tout voulu finir d’installer hier.
Quelques minutes passent, elle revient suivie par un homme.
- Vous voulez me voir messieurs?
Ils lui expliquent ce qui s’est passé à la prison.
- Vous n’étiez pas au courant?
- Non, en travaillant hier je n’ai pas écouté la radio ni lu le journal.
- Pendant le voyage avant hier, deux pneus ont éclaté?
- Oui. Normalement, je mets une heure et demie pour faire le trajet, les deux pneus ont éclaté en même temps, j’ai eu peur de virer, je n’ai pas compris ce qui s’est passé, la camionnette sortait du garage, ils avaient changé tous les pneus.
- Qu’avez vous fait?
- J’ai prévenu la boîte et comme je n’avais qu’une roue de secours, je suis parti au village le plus proche.
- A quelle distance?
- Environ deux kilomètres, un monsieur m’a pris en voiture et m’a déposé au garage que je connais.
- Quel garage?
- Le garage des Monts, monsieur Morel. Il n’avait pas de pneu de la bonne dimension mais il devait être livré un peu plus tard, il a appelé son fournisseur pour qu’il ajoute deux pneus, ils sont arrivés en fin de matinée.
- Qu’est ce que vous avez fait?
- J’ai été boire un café et je suis revenu attendre au garage.
- Et?
- Vers midi Monsieur Morel m’a emmené à la camionnette, nous avons changé les roues.
- Ça a pris longtemps?
- Une demi-heure à peine.
- Et puis?
- Nous sommes repartis au village.
- Comment?
- Lui avec sa voiture, moi avec la camionnette, comme il n’a pas voulu que je paye le dépannage, je lui ai offert l’apéro et j’ai pris un sandwich.
- Vous avez laissé la camionnette environ trois heures?
- Oui.
- Comment est elle fermée?
- A clefs.
- Pas d’alarme?
- Si.
- Facile à ouvrir sans que l’on s’en aperçoive?
- Toutes les alarmes sont faciles à débrancher….
- Vous ne voyez rien d’autre?
- Non.
Après avoir noté l’endroit où était garée la camionnette ainsi que l’adresse du garage qui a fait la révision, ils repartent, ils ont faim.
- On va manger un plat quelque part et je vais appeler Ichebac, on va lui demander de ce renseigner sur ce Mitche, mais j’ai l’impression qu’il est net. Après on passera au garage qui fait l’entretien de la camionnette.
La semaine après la fin des vacances de février, ils avaient décidé de se retrouver avec Gregor et Marie dans une station de ski. Il était parti avec les deux filles et Gregor les avait rejoint à Megève. Ils étaient arrivés tard le soir. Il s’était mis à neiger dans la plaine et les gorges de l’Arly étaient fermées. Gregor était déjà arrivé. Ils avaient choisi Megève parce que Gregor et Béa skiaient, Marie un peu, lui pas du tout. Béa ne voulait pas le laisser tout seul, mais un matin où il faisait très beau, il lui avait dit d’aller skier, de profiter du soleil. Marie avait ajouté,
- Je me suis fait un peu mal à la cheville hier, va avec Gregor. Je tiendrai compagnie à Mermed et on peut se retrouver au restaurant du téléphérique.
Tout le monde avait été d’accord.
Il s’était promené avec Marie dans le village et vers midi ils étaient montés au restaurant. Le temps était extraordinaire, la vue magnifique et il bavardait avec Marie, elle lui disait qu’elle aimait Gregor et qu’elle irait bientôt vivre avec lui en Allemagne,
- Vous avez de la chance,
- Toi aussi, tu sais Béa elle t’aime tellement.
- Oui, mais c’est compliqué.
- Oui.
Marie lui avait expliqué que le mari de Béa était plus âgé qu’elle, qu’elle l’avait connue quand elle avait dix neuf ans et qu’elle avait confondu l’amour et l’éblouissement, qu’ils avaient une fille de six ans qui était chez des parents à lui.
- Elle ne m’a jamais dit qu’elle a une fille.
- Je sais…
- Pourquoi sa fille n’est pas avec elle?
- Il sait depuis longtemps que Béa ne l’aime plus, il a pris leur fille, c’est son moyen de pression, elle ne la voit que très rarement. Quand elle lui a parlé de toi, il lui a dit que si elle le quittait elle ne reverrait jamais sa fille.
- Comment s’appelle t’elle?
- Julie.
- Pourquoi ne fait elle rien?
- Ce serait long et difficile.
- Pourquoi?
- Elle avait eu des problèmes avec la drogue avant la naissance de Julie qui est née en Italie où il a été facile de lui en retirer la garde
- Elle m’a parlé de ses problèmes de drogue, mais c’est fini?
- Bien sûr
- Pourquoi Julie est elle née en Italie?
- Elle est italienne, Béa.
Il ne savait pas. C’est vrai, il ne lui avait jamais demandé.
- Qu’est ce que je peux faire?
- Je ne sais pas.
- Si j’allais le voir ce type?
- Surtout pas. Ce serait pire pour Béa et Julie. C’est un homme très dur qui peut être violent.
Gregor et Béa étaient arrivés, le repas avait été agréable et comme Marie lui avait demandé de ne pas dire à Béa ce qu’elle lui avait raconté,
- Tu sais comme elle est discrète et sensible, ne lui dis pas que..
- Bien sûr, mais il faut que nous en reparlions tous les deux.
Et ce soir là, il l’avait aimée comme jamais encore, il était tous les amants du monde, il avait la tendresse de tous les amoureux de l’histoire.
Le dernier jour, Gregor et Béa étaient repartis skier, il s’était retrouvé seul avec Marie.
- J’ai bien réfléchi, ce type est un salopard, il faut que j’aille lui parler, que je lui fasse peur, je sais faire.
- C’est trop dangereux pour Béa et il n’aura pas peur.
- Crois moi, Marie, j’ai l’habitude de mener des durs, je sais y faire.
Alors pour Béa, elle avait cédé, elle lui avait dit son nom et où il habitait et à quoi il ressemblait. Il n’habitait plus à Toulouse où il ne venait qu’une fois toutes les six semaines avec Julie.
- Mermed, tu ne dis rien à Béa.
- Mais non, merci Marie, tu verras tout ira bien et dans quelques semaines, nous fêterons cela tous les quatre avec Julie en plus.
Ce soir là ils étaient sortis et Gregor leur avait dit que Marie venait passer quelques jours chez lui à Francfort avant de s’y installer définitivement. Le lendemain ils se séparèrent. Une centaine de kilomètres avant Toulouse, Béa avait dit,
- Tu sais j’aimerais que l’on aille dans ce bar où nous nous sommes rencontrés, chez Toni.
- Tu te souviens du nom?
- C’est là que je t’ai rencontré…
à suivre