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Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

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Combien de visages, combien de vies Barbie a-t-elle ? Elle s'appelle en réalité Barberie, a le visage d'Agnès Jaoui et devient le sosie de Sophie Fillières, l'actrice, scénariste et réalisatrice française décédée le 31 juillet dernier à l'âge de 58 ans et qui, parmi ses derniers films, jouait le rôle de Monica dans Anatomie d’une chute

Ce film cache déjà les sombres présages de la mort avant le final, mais cherche la légèreté en montrant la crise d'une femme d'une cinquantaine d'années en trois actes : une comédie, une tragédie et une révélation. Dans le premier, cela ressemble à un film de Woody Allen : la relation avec le psychologue qui parle à la fin de la séance, les secrets de sa fille Rose et d'une amie surprises sur un banc dans un parc.

Puis le film change de ton. À l'hôpital, Barbie endure - nous aussi - la phrase superficielle du médecin : « Comment allons-nous aujourd'hui ? “

Barbie est une déclinaison supplémentaire de nombreuses figures féminines du cinéma de Sophie Fillières, mais dans ce film, Fillières s'intéresse surtout à accompagner son personnage dans ses humeurs, dans ses passions (l’écriture – elle se présente comme poète), dans la solitude où l'image dans le miroir devient tantôt impitoyable, tantôt complice. Agnès Jaoui exprime toute la crainte du réalisateur et tente de minimiser le drame. Il ne s'agit pas d'un testament mais d'une sorte de journal intime , où les mots sont avant tout un sous-texte qui accompagne la tentative continue, presque frénétique, de communiquer, de s'affronter, peut-être d'embrasser les autres.

Pourtant, le film ne s’apitoie jamais sur son sort et ne recherche jamais l’émotion. Au contraire, il l'évite, lA cache presque. C'est pourquoi, même dans ses sursauts, dans les parties (peut-être) manquantes qui auraient pu s'y trouver, il offre un instantané qui, grâce au cinéma, peut devenir éternel.

Et quelle prestation d’Agnès Jaoui !!

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