Un monde liquide entre les rochers un monde de neige ou de mer glacée où ‘l’on meurt de froid parce que l’on lit un poème’ quand on s ‘appelle Barour, un monde que des jeunes garçons parcourent avec un homme en récitant des passages du Roi Lear ou de Paradis perdu dans un monde, un enfer où l’on ne sait pas si l’on est vivant ou mort quand on traverse un bras de mer démontée sur laquelle on croise les pêcheurs de morue sur leurs barques si frêles dans la tempête avec trois sacoches de vingt kilos chacune de courrier à porter dans toutes les fermes perdues dans le blanc en tempête et dans ces jours déjà noirs de nuit, et malgré l’effort de la marche contre le vent, contre les temps, ils ont la force de la réflexion dans le marécage de leur cerveau et par ce temps ce n’est pas rien…un monde où l’on emporte le souvenir de chaleur des seins que l’on a entraperçus quand on est encore le garçon, qui nous ont réchauffé quand on est devenu l’homme; presque chaque fin de marche d’une douzaine d’heures dans ça haut de neige froide et humide si dure à marcher on trouve une ferme, ilot de pauvreté mais protection contre le blizzard et tellement nécessaire pour faire sécher les vêtements de la tête au pied.
Ça se passe en Islande,
Là où on a déjà été avec Barour il y a cinquante mille ans à l’époque où les mammouths parcouraient la terre.
C’est la poésie des rêves, il y a aussi beaucoup de ces poètes du froid dans les livres de Jon Kalman Stefansson,
et c’est aussi intensément beau qu’il y fait froid et qu’il se dit des vers qui conduisent à l’ivresse de l’oubli.
À lire avec la carte de l’Islande qui nous accompagne le jour et la nuit quand nous sommes ignorants de nous-mêmes.
On le lira perdu en plein hiver dans une bergerie ou un refuge; si l’on est pas en Islande - on peut imaginer que n’importe quel plateau enneigé un jour de brouillard et de vent est le bon décor, pourquoi pas le refuge des Fonts de Cervières ? On mangera du rustique qui nous tiendra au sol dans le vent et on boira du café noir comme le charbon pour rester éveillé dans les étoiles de Jon Kalman et du Brennivin - gnôle Islandaise à boire glacée (sortant du congélateur ou du désert de glace)
Je le connais depuis peu cet écrivain Islandais, je l’ai lu d’abord en anglais puis en français, traduits par Eric Boury. Entre ciel et terre; La Tristesse des anges; Le Cœur de l'homme; D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds.
© Mermed
Depuis j'ai également écrit des mots autour de Asta, son roman publié en 2018...