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Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

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Mermed (7)

Mermed (7)
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    Ils étaient partis vers deux heures et demie, Mermed les avait emmenés partout où ils le voulaient. Ils avaient interviewé des habitants, ils avaient pris des photos et vers sept heures ils s’étaient arrêtés de travailler, le photographe était fatigué, il voulait aller dormir, il avait acheté un sandwich et Mermed l’avait ramené à la caserne - puisqu’il n’y avait pas d’hôtel sur place, le colonel avait décidé de faire préparer un logement pour les journalistes. Mermed et Gregor étaient allé dîner chez Toni. Mermed avait demandé à Claudie si, exceptionnellement, elle voulait bien leur préparer quelque chose le soir. Il était impatient de savoir ce que Gregor pensait de Béa.

    - Magnifique et Marie aussi.

    - Elle t’a déposé à l’hôtel…

    Elle l’y avait amené et il lui avait dit qu’il voulait rester avec elle, mais,

    - Je ne veux pas te partager avec les souvenirs d’une chambre d’hôtel.

    - Poète, Gregor…

    - Avec toi tout le monde le deviendrait.

    Elle avait souri,

    - Allons chez moi.

    Et toujours en souriant, elle avait ajouté,

    - Tu seras le premier homme à y venir depuis que j’habite à Toulouse.

    - Il y a longtemps?

    - Sept mois.

    Il n’avait pas raconté la suite, mais il était heureux, ils avaient à nouveau passé la nuit suivante ensemble.

    - Ich hab mein Herz in Toulouse verloren.

    -... ?

    - J’ai perdu mon cœur à Toulouse.

    - A ce point? Je suis content pour toi.

    - Et toi, Béa?

    Mermed avait dit leur baiser, un seul, bien chaste, il fallait attendre le destin, leur destin.

    - Pourtant elle te regardait…

    - Tu crois? Tu sais j’ai l’impression d’avoir quinze ans et d’attendre mon premier rendez-vous.

    Pendant tous ces jours de reportage, ils avaient bien travaillé, beaucoup parlé, surtout Gregor qui lui avait dit à quel point Marie était une fille sensible intelligente douce. Mermed l’avait déjà connu avec des femmes, il ne l’avait jamais connu amoureux.

    Le reportage était terminé, le photographe repartait directement en Allemagne. Le colonel avait demandé à Mermed s’il pouvait raccompagner Gregor à Toulouse où il avait encore du travail. En partant, Gregor avait dit,

    - Colonel, je vous ferai parvenir les articles.

    - Merci et au revoir Monsieur Samsa.

    Ils étaient partis, dans la voiture Gregor lui avait annoncé:

    - Ce soir, nous mangeons chez Marie.

    - C’est bien.

    - Avec Béa.

    - Super, je savais que tu étais un ami.

    A Toulouse Gregor avait dit qu’il fallait acheter du vin et des fleurs, la première fois de sa vie que Mermed achetait des fleurs.

    Ils étaient arrivés vers huit heures. Marie leur avait ouvert, elle était tellement heureuse de retrouver Gregor…Béa était déjà là, comme son rêve, comme dans son rêve. Marie était partie à la cuisine, Gregor l’avait suivie.

    - C’est le destin, Béatrice?

    - Le destin qui passe par celui de Marie et de Gregor… qui étaient revenus de la cuisine juste à cet instant avec les plats. Le repas avait été animé, gai. Mais ils s’étaient séparés assez tôt, Gregor et Marie n’avaient pas essayé de les retenir et lui était content mais très inquiet, de reprendre sa conversation avec Béa. Pendant le repas, ils s’étaient tous tutoyés.

    - Tu veux boire un verre, Béa?

    Elle avait seulement souri et dit un mot, un seul,

    - Viens.

    Elle l’avait amené chez son amie, ils n’avaient rien bu. Il avait connu des femmes avant, beaucoup de femmes, mais il ne connaissait rien de la tendresse qu’elle lui avait donné cette nuit là. Au matin, il était amoureux d’une femme, plus d’un rêve et il devait quand même partir. Elle leur avait fait un café, ses yeux à elle brillaient aussi quand il lui avait dit,

    - Béa, on se revoit?

    - Bien sûr, Mermed tu en doutais?

    - Je voulais t’entendre.

    Elle lui avait donné son numéro de portable.

    - Je t’appelle tout à l’heure.

    Il lui avait expliqué qu’il lui restait des permissions et qu’il ne saurait qu’aujourd’hui quand il pourrait les prendre et qu’ils pourraient partir ensemble quelques jours, si elle le pouvait – elle pouvait – où elle voudrait.

    Quand il était arrivé à la caserne il avait croisé le colonel qui lui avait dit qu’il était très content de l’interview de Gregor et qu’il savait que Mermed devait encore prendre des permissions,

    - Partez dès que vous voulez, Mermed, avant la Guyane.

    Mermed partirait le lendemain pour dix jours. Il avait aussitôt appelé Béa. Il n’avait aucune idée de l’endroit où ils pourraient aller.

    - On en parlera demain, j’arriverai à Toulouse en fin de matinée, tu seras chez ton amie?

    - Je t’attends déjà.

    à suivre

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