J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com
10 Mars 2023
Un croyant,
tue un incroyant.
Des croyants,
tuent des incroyants.
Ils tuent ceux qui ne croient pas comme eux.
Ils tuent les mal-croyants.
Tueurs croyants.
Victimes autres croyants.
Certains croient que quelque part il y un dieu qu'ils appellent Yavhé ou El Shaddaï,
leurs voisins croient que quelque part il y un dieu qu'ils appellent Père éternel,
d'autres croient que quelque part il y un dieu qu'ils appellent Allah,
d'autres encore croient qu' il y a des dieux qu'ils appellent de noms différents.
Il en est aussi qui croient que nulle part, nul dieu n'existe.
Tous croient par rapport à un mot, toujours le même,
ce mot inventé par les hommes: dieu.
Tous croient à ce mot, mais certains continuent de tuer.
Mais pas de confusion, les tueurs n'ont rien en commun avec les humains –
chrétiens, musulmans, juifs, agnostiques, bouddhistes... rien en commun..
Longtemps j'ai erré aux pays de l'indignation,
longtemps je me suis égaré dans les culs-de-sac de la colère,
longtemps je n'ai été que mes désirs,
puis j'ai dansé,
dansé derrière le voile de ma vie,
moi,
ni Juif,
ni Chrétien,
ni Musulman,
pas plus Bouddhiste,
moi qui ne suis d'aucune religion,
moi,
qui ne suis ni descendant d’Adam et Eve
ni d’aucune autre légende,
moi, qui ne suis d'aucune ville, d'aucun pays,
j'ai trouvé la beauté dans les tourbillons de l'amour,
et j'en ai fait des poèmes,
et je les ai chantés si longtemps
que je n’existais plus,
emporté par les nuages
Je tournais encore dans la poussière, que j'étais,
dans la poussière, que je redeviendrais,
je rejoignais l'éternité,
heureux de n'être pas né,
heureux de ne plus être sous-vivant,
heureux de le savoir.
Et aujourd'hui je pleure un homme décapité d'avoir fait son métier d' homme.
© Mermed