Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

Publicité

Louise Glück

Louise Glück a reçu le Nobel 2020; Je vous propose dans les jours à venir des traductions de certains de ces poèmes.

Louise Glück a reçu le Nobel 2020; Je vous propose dans les jours à venir des traductions de certains de ces poèmes.

Publicité

Averno

Averno, autrefois Avernus. Un petit lac volcanique à 15 kms à l'ouest de Naples, considéré par les Romains comme l'entrée du monde souterrain.

 

1

 

On meurt quand meurt l'esprit.

Sinon, l'on vit.

Ce n'est peut-être pas terrible, mais on continue -

on n'a pas le choix.

 

Quand je dis cela à mes enfants

ils ne font pas attention.

Les vieux, pensent-ils –

ils font toujours ça:

parler de ce que personne ne peut voir

pour faire oublier leurs neurones qui meurent.

Ils se font des clins d'oeil;

écoute le vieux, qui parle d'esprit

parce qu'il a perdu le mot chaise.

 

C'est terrible d'être seul.

Je ne dis pas vivre seul -

mais être seul là où personne ne vous entend.

 

Je connais le mot chaise.

Je veux dire – c'est seulement que ça ne m'intéresse plus.

 

Je me réveille en pensant

tu dois te préparer.

Bientôt ton esprit va te quitter -

et toutes les chaises du monde ne pourront rien pour toi.

 

Je sais ce qu'ils disent quand j'ai quitté la pièce.

Je devrais voir quelqu'un, je devrais prendre

un de ces nouveaux médicaments contre la dépression.

Je peux entendre leurs murmures quand ils se répartissent les coûts.

 

Et je veux crier

vous, vous tous, vous vivez dans un rêve.

 

Pire encore, ils pensent que je vais m'effondrer sous leurs yeux.

Pire encore, sans savoir

que j'ai le droit de tout savoir .

 

Eh bien, ils ont le même droit.

 

Ils vivent dans un rêve, et je me prépare

à devenir un fantôme. Je veux hurler

 

le brouillard s'est éclairci -

c'est comme une vie nouvelle:

tu n'as aucun pouvoir sur l'issue;

tu sais ce qu'elle sera l'issue.

 

Pense à ceci: soixante années assis sur des chaises. Et maintenant l'esprit, mortel,

qui cherche au grand jour

 

à lever le rideau.

Pour voir à quoi tu dis au revoir.

 

Ce poème est le premier de son dixième recueil de poésie, paru en 2007 , je l'ai traduit le 17 et le 18 Novembre 2020.  Mermed 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article