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Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

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Une affinité véritable

Saul Bellow (1915 - 2005)  Prix Nobel en 1976,

Saul Bellow (1915 - 2005) Prix Nobel en 1976,

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« le chemin qui ramène un homme à lui-même est un retour d’exil spirituel, car c'est à cela que se résume une histoire personnelle : l'exil. » Ce sont des mots que Saul met dans la bouche de Harry Trellman, le narrateur du roman, qui est un multi-exilé, Arkansas, Birmanie, Guatemala, Chicago. Sa mère malade et son père ouvrier l'ont envoyé dans un orphelinat ; des affaires douteuses l'ont retenu dans le tiers monde pendant la majeure partie de sa vie adulte. Au fil des ans, son amour de lycée, Amy, la seule femme qu'il ait jamais aimée, a vieilli dans les bras d'autres hommes.
Aujourd'hui, à soixante ans, Trellman est revenu dans le Chicago de sa jeunesse pour récupérer ce qu'il peut de la vie qui l'a quittée. Sorte de Chanson d'amour de J. Alfred Prufrock (cette référence à T.S.Eliot est en accord avec le plus vieil ami de Harry, Jay, par ailleurs second mari décedé de Amy)
Ce court roman, nous rend le plaisir de retrouver le monde de Bellow Bellow : le Chicago mythiquement cosmopolite où clubbers et banquiers citent Hamlet et les intellectuels trébuchent dans la richesse ; des phrases quelquefois ancrées dans la terreur yiddish: « Il a un préservatif sur le cœur »; et, touhours, l'érotisme passionné de Bellow, où, pour atteindre le « véritable » bien-aimé, il faut survivre au sexe, à la transgression, au divorce et aux ménages à trois, qu'ils soient corporels ou spirituels.
Comme souvent chez Bellow, l'intrigue est secondaire, mais qu’importe...le talent et l’humour nous emportent, au point que, pour paraphraser Amy, en terminant la lecture de ce roman, nous poserons la question: «Saul, où diable étais-tu passé toute notre vie de lecteur
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