Who will believe my verse in time to come,
If it were filled with your most high deserts?
Though yet heaven knows it is but as a tomb
Which hides your life, and shows not half your parts.
If I could write the beauty of your eyes,
And in fresh numbers number all your graces,
The age to come would say 'This poet lies;
Such heavenly touches ne'er touched earthly faces.'
So should my papers, yellowed with their age,
Be scorned, like old men of less truth than tongue,
And your true rights be termed a poet's rage
And stretched metre of an antique song:
But were some child of yours alive that time,
You should live twice, in it, and in my rhyme.
Qui pourrait croire mes vers dans le futur,
s’ils débordaient de toutes tes qualités?
Mais Dieu sait qu'ils ne sont qu’une sépulture,
masque de ta vie, qu’ils ne peignent qu’à moitié.
Saurais-je écrire la beauté de tes yeux,
détailler tes grâces en mots innovants,
que l'on puisse dire demain: ‘jamais les cieux
n'imprimèrent ainsi face humaine, ce poète ment.’
On dénigrerait mes feuillets jaunis
comme des vieux plus bavards qu’authentiques;
te rendre justice: délire d’une poésie
au mètre alangui de vers antiques.
Si l’un de tes fils est encore sur terre,
tu auras deux vies, en lui et mes vers.
Qui peut croire aux beauté de tes vers
si elles se cachent derrière mes faiblesses
et deviennent un tombeau de mots
gribouilles mirlitons de ta poésie;
on moquera et mes lignes et mes rimes
et mes mots pas plus justes que beaux,
et jamais ni vrais ni ambigus;
divagations pusillanimes d'un ingénu
qui succombe à tous tes sortilèges!
© Mermed 2014-2015