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Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

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À bour de souffle

À bour de souffle
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Marseille, un mardi matin. Michel Poiccard vole une voiture et prend la nationale 7 en direction de Paris. Énervé par une 2CV qui n’ose pas dépasser un camion, Michel double en plein virage et se fait prendre en chasse par un motard. Paniqué, il abat le policier d’un coup de revolver et s’enfuit. Le lendemain, en arrivant à Paris, Michel retrouve une jeune étudiante américaine, Patricia, avec laquelle il a une liaison amoureuse libre. Elle veut devenir journaliste et, pour pouvoir financer ses études à la Sorbonne, vend le New York Herald Tribune sur les Champs-Élysées...

 

Mon avis

Aucun des soixante-douze films que j’ai vus en salle en 2024, à l’exception - rafraichissante - de Riddle of fire, n’ayant laissé la moindre empreinte sur moi, j’avais besoin de commencer l’année avec un chef d’oeuvre.

Il fallait entendre Jean-Luc Godard parler de la différence entre le film vu au cinéma où l’on doit lever la tête (ce qui selon lui active les mécanismes de la perception et de la mémoire) et le film vu à la télévision que l’on regarde à hauteur d’écran, mollement alangui dans son canapé et quelquefois si le film le permet – hélas beaucoup de films l’autorisent – allongé dans les bras de Morphée – ou une/un autre...

Ce joyau m’a accompagné depuis mon adolescence, mais je ne l’avais pas revu depuis une quinzaine d’années,

pourquoi me suis-je infligé cette punition?

Grâce aux écrans modernes et à toutes ces chaînes, j’ai pu le revoir et retrouver la grâce, la loufoquerie, l’indifférence de Jean-Paul et de Jean – qu’elle était jolie! - , la réactivité de la caméra de Jean-Luc Godard, accompagné pour réaliser ce film par Claude Chabrol et François Truffaut.

Tout est parfait, magnifié encore par la musique de Martial Solal (cet immense pianiste qui est mort il y a vingt jours dans l’indifférence quasi-générale.

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