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Publié par Mermed

Un des rois fous de Corneliu Baba (Roumanie, 1906 - 1997)

Un des rois fous de Corneliu Baba (Roumanie, 1906 - 1997)

 

 

Drame comique, pour deux acteurs en une heure et quart,

d’après une idée Anglaise, attribuée à un auteur au patronyme contesté,

William Shakespeare ;

remis au goût du jour (celui de la représentation) par le collectif Main d’œuvre.

‘Nothing will come of nothing’, dit à Cordelia son papa,

qui a un beau métier,

roi d’Angleterre,

mais qui veut faire valoir ses droits à la retraite –

au passage si quelqu’un pouvait me renseigner

sur le régime de retraite pour roi (ou reine) –

on y reviendra sur cette phrase,

on essaiera de comprendre l’auteur,

mais en attendant ce moment de philologie

nous trouvons ces mots de circonstance,

en effet, il n’y a rien sur cet espace qui sert de scène,

rien qu’ un modeste bric à brac,

de ce rien ne va pas surgir un néant

mais un condensé de pièce,

on élimine certains personnages,

on réduit ou supprime certaines intrigues parallèles,

on fait appel à leur insu aux spectateurs - ravis -

pour qu’ils figurent le désordre que font régner

les suivants de Lear chez ses filles,

et comme l’on joue à deux tous les rôles,

on est homme et femme,

on est aussi ambigu que Shakespeare a toujours voulu l’être.

Ainsi que le disait Will Shakespeare,

l’un des contemporains de notre auteur,

ce n’est plus qu’un conte de bruit et de fureur,

rempli de cette distance qui fait des rêves la matière de nos vies,

ainsi que le disait fort bien Guillaume Shakespeare,

un autre contemporain de notre auteur.

Nous avons aimé,

et nous prions pour que le mystère de toutes les pièces

nous soit dévoilé de la même manière par d’autres espions de Shakespeare.

J’ai vu au théâtre John Gielgud et John Scofield (en Angleterre) ;

toujours en Anglais, j’ai vu Laurence Olivier et Orson Welles au cinéma ;

en France, j’ai vu Jean Marais au théâtre romain de Vaison la Romaine,

Philippe Morier-Genoud à Avignon,

Georges Wilson (il y a longtemps) et Serge Merlin (récemment) au TNP ;

que d’acteurs prestigieux !

souvent dans des mises en scène de grande tenue,

mais je garderai aussi en mémoire celui-ci,

qui me semble en harmonie - tant par l’heure de la représentation

(dans l’après-midi, comme le théâtre élisabéthain)

que par ce traitement décalé,

plein de fantaisie et de connivence avec le public –

avec les souhaits de Shakespeare.

 

Pour être complet un éloge doit comporter une critique,

cela tombe bien, j’en ai une : j’étais très mal assis…

 

© Mermed

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