J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com
16 Décembre 2025
Cette pièce n’est attribuée – tout au moins en partie – à Shakespeare que depuis la fin du vingtième siècle. En la lisant – ce que suggère le prince Edward (dans la dernière scène):
“So that hereafter ages, when they read
The painful traffic of my tender youth,
Might thereby be inflamed...”
« Afin que les générations futures, lorsqu'elles liront
Le douloureux parcours de ma tendre jeunesse,
Soient indignées… »
Curieuse cette phrase, alors que dans la plupart des épilogues, William demande l’indulgence des spectateurs...Aurait-elle été écrite uniquement pour être lue? Nous ne le saurons vraisemblablement jamais, il n’en reste pas moins que cette pièce a été peu jouée, ainsi en France elle fut montée pour le première fois, il y a moins d’un an, au début de l’année 2025...
La plupart des chercheurs l’attribuent et Thomas Kyd et à Shakespeare dont la présence semble évidente, il se cite lui même, les sonnets, en mettant dans la bouche de Warwick le dernier vers du sonnet 94:
“Lilies that fester smell far worse than weeds; “ le lys pourri pue plus que l’adventice.
Ou une autre de ses pièces, Measure for measure, de laquelle il reprend cette idée que l’homme n’est jamais que “the death’s fool”
Mais c’est surtout dans les envolées de mots d’amour d’Edward qu’on le retrouve, et pour ces mots, on peut reprendre ceux du roi:
“It is thy beauty that I would enjoy. “ C’est ta beauté qui me ravirait.”
Et pour couronner le tout, William serait-il Shakespeare, si tout était clair, écoutons Warwick:
“My gracious King, fair is she not at all,
If that her self were by to stain her self,
As I have scene her when she was her self.”
Mon gracieux roi, belle, elle ne l’est pas du tout,
Si elle devait s’enlaidir elle-même,
Comme je l'ai vue quand elle était elle-même.
Quand on aura dit qu’ici aussi, on proclame le droit – le devoir même – de désobéissance: Villiers dans la troisième scène du quatrième acte:
“In all things that uprightly he commands:
But either to persuade or threaten me,
Not to perform the covenant of my word,
Is lawless, and I need not to obey. “
En tout ce qu'il ordonne à juste titre :
Mais pour me convaincre ou me menacer,
ne pas être fidèle à ma promesse
est illégal, et je n'ai pas à obéir.
Une pièce, un texte à découvrir pour oublier les platitudes du commerce éditorial...