J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com
18 Janvier 2021
Je mourrai à Paris - je n'en ai pas honte - peut-être un jeudi d'automne, comme aujourd'hui.
Ce ne fut pas en octobre, mais en avril,
ce ne fut pas un jeudi,
ce fut un vendredi, celui qui déplore le suicide monotone du fils de dieu.
Il est mort ce jour là, à Paris, le poète de la montagne du Pérou,
né là-haut un jour où Dieu était malade, gravement,
là - haut dans cette étable de pisse et d’ excréments où se conçoivent le sans-ciel, et le plus-pierre avant que le coq ne devienne incertain de l’avenir.
L’éternité est morte dans un moment crucial de vie, dans cette obscurité où les mots se pelotonnent tels des pumas dans les coins de la cellule, avant de détruire l’innocence des coupables analphabètes à côté de qui ils sont écrits; hermétiques pour se protéger du danger que serait la compréhension de ces mots écrits par un mort de faim de l’éternel amour, de la rencontre absolue, de l’union des émotions et des mots,
César, le corps plein de tous les déshérités, frère de ceux qui chaque matin
se réinstallent dans une peau,
dans un corps, qui ne vit de rien,
attendant de mourir de tout,
attendant la dernière balle dans leur cœur de Pedro Rojas…
Cesar, poursuivi par les Attilas barbares, hérauts de sa mort,
qui l’a fait poète immortel,
César Vallejo.
Les vers de Vallejo sont en moi quand j’ écoute l’Histoire du soldat de Stravinsky enbuvant le vin veuf de la bouteille quelque part dans l'Altiplano.
Les poèmes suivants sont ici,
Pierre noire sur pierre blanche, Retable, Vespergenèse, Trilce XIX, le moment crucialde la vie, Trilce LVIII, la violence des heures, Trilce LXVIII, Intensité et altitude,les déshérités, Hymne aux volontaires de la République, O ! bouteille sans vin., leshérauts noirs.
La mort est dans ces lignes comme elle l’est dans plus de 180 poèmes (il en a écrit environ 250)
Ils se trouvent, pour moi, dans ces deux livres,
The Complete Poetry (éd. Bilingue)
Poésie complète traduction Nicole Réda-Euvremer éd. Flammarion
© Mermed