J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com
9 Septembre 2025
Découvertes
Dans les années 1970, réapparut un codex écrit en Sahidique (dialecte copte) qui contenait parmi d’autres textes, l’évangile de Judas. 13 pages furent rendues publiques en 1999, avant que l’ensemble du texte soit publié en 2006.
Puis, en 2018, un brocanteur des Midlands vendit un petit coffre en buis du 16° siècle; il était en assez mauvais état et l’acheteur le négocia au prix de 2 500 livres.
De retour chez lui, en Slovaquie, il découvrit que ce coffre contenait 12 feuilles manuscrites, et compte tenu du prix du papier au 16° siècle (il semblait en effet que le papier était aussi ancien que le coffre) – il les examina attentivement et bien que la graphie fut difficile à déchiffrer, il se rendit compte qu’il avait peut-être entre ses mains des documents exceptionnels.
Que faire ? Un de ses cousins enseignait les mathématiques à l’université de Bratislava, il lui en parla, et celui-ci l’orienta vers un de ses amis, paléographe à l’université de Genève.
Lors d’un de ses voyages d’affaires en France, il fit une halte à Genève pour rencontrer le professeur Serge-Hubert Denhaut, et lui confier les documents.
Quelques mois plus tard, il reçut un appel du professeur genevois qui lui proposait un rendez-vous , ils convinrent donc de passer une journée ensemble.
Je résume ce qui fut dit ce jour-là.
Les documents étaient de la main de William Shakespeare ( ils avaient été étudiés par un calligraphe qui avait comparé l’écriture à la signature de Shakespeare dans son testament et un graphologue avait confirmé que la signature du testament et l’écritur sur les 12 feuilles étaient de la même main. Par ailleurs, par des méthodes de comparaison du papier et de l’encre on eut la certitude que ce document datait de la fin du 16° siècle.
Le contenu était encore plus éclairant quant à la date.
Jusqu’à présent nous connaissions la version de Romeo and Juliet de 1599 (publié par Thomas Creede pour Cuthbert Burby) et celle de 1597, version encore incomplète.
Nous sommes maintenant en possession d’un manuscrit dans lequel Shakespeare met sur le papier les grandes lignes de son futur Romeo and Juliet, telles qu’elles lui sont inspirées par les deux lectures qu’il a faites: le conte italien de Luigi da Porto, qu’avait traduit Arthur Brooke en 1536 ( The tragical history of Romeus and Juliet) et Le Palace of pleasure de William Painter.
Cela occupe huit des 12 pages du manuscrit,
Les quatre dernières pages sont consacrées à un dénouement heureux de la pièce, qui aurait donné lieu à une autre pièce, commençant avec la réussite du plan de frère Lawrence et nous aurions retrouver les deux amoureux éternels à l’âge de soixante ans revenant sur les grands événements de leur vie.
Pour le moment, dans l’attente de la confirmation de l’authenticité de cette trouvaille – ce qui prendra des années – seul un entrefilet dans une feuille très confidentielle a fait état de cette découverte majeure.
Nous savons qu’au moment de la pièce Roméo et Juliette ont 60 ans, et c’est tout ce que nous savons.
J’ai toutefois été autorisé à retranscrire (j’ai fait la traduction moi-même) un bref extrait d’un dialogue entre Roméo et Juliette :
Juliet Now forty winters have beseiged thy brow,
And dig deep trenches in thy beauty's field,
Thy old age's proud livery is still gazed on now.
Romeo Your glass shall not persuade you you are old,
So long as youth and thou are of one date;
Fair, kind, and true, have often lived alone,
Which three till now, never kept seat in one.
Juliette Maintenant quarante hivers ont assiégé ton front,
et creusé des tranchées dans le champ de ta beauté et ton bel âge t’habille de l’admiration de tous.
Roméo Ton miroir ne peut Te convaincre que tu es vieux
tant que la jeunesse et toi aurez le même âge;
Beau, bon et vrai, c'était trois personnes
jusqu'à toi, jamais ne furent en un seul homme.
Cela ne fera qu’attiser les regrets de ne pas avoir connaissance de la pièce que Shakespeare a peut-être écrite, et dont nous ne connaissons pas le titre qu’il lui aurait donné.
Un homme de théâtre de talent essaiera t-il de prendre la plume du Stratfordien et d’écrire ce qui aurait pu être la pièce ?
© Mermed Juillet 2025