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Effleurements livresques, épanchements maltés

J'ai écrit et j'écris les textes de ce blog; beaucoup sont régulièrement publiés en revues; j'essaie de citer mes sources, quand je le peux; ce sont des poèmes ou des textes autour des gens que j'aime, la Bible, Shakespeare, le rugby, les single malts, Eschyle ou Sophocle, la peinture, Charlie Parker ou Sibelius, la définition de l'infini de David Hilbert, les marches ici et ailleurs...Et toujours cette phrase de Halldor Laxness: 'leur injustice est terrible, leur justice, pire encore.' oliphernes@gmail.com

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Henry VIII

William Blake (1757–1827), Queen Katharine's Dream (c 1825), encre et aquarelle

William Blake (1757–1827), Queen Katharine's Dream (c 1825), encre et aquarelle

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Des recherches savantes ont abouti à une répartition de la rédaction des scènes entre William Shakespeare et John Fletcher,

La répartition la plus courante serait la suivante :

 
Shakespeare : acte I, scènes 1 et 2 ; acte 2, scènes 3 et 4 ; acte 3, scène 2 (lignes 1 à 203) ; acte 5, scène 1 Fletcher a fait sa part du travail en rédigeant le reste de ce qui nous est proposé.

Ce n’est pas une pièce exceptionnelle, quelques beaux monologues, cependant,

par exemple le cardinal Wosley:

“ And thus far hear me, Cromwell,
And when I am forgotten, as I shall be,
And sleep in dull cold marble, where no mention
Of me more must be heard of, say I taught thee;
Say Wolsey, that once trod the ways of glory
And sounded all the depths and shoals of honor, Found thee a way, out of his wrack, to rise in,
A sure and safe one, though thy master missed it.

 

Et écoute-moi jusqu’au bout, Cromwell, Lorsque je serai oublié, comme je le serai, et que je dormirai dans le triste marbre froid,aucun rappel de mon nom ne sera fait, souviens-toi de mes enseignements ; dis que Wolsey, qui jadis avait parcouru les chemins de la gloire et sondé toutes les gouffres et les dangers de l’honneur, te trouva dans son naufrage un chemin t’élever, un chemin certain et sûr, que ton maître n’avait pas su prendre.


 

Ou cet éloge de la (future) reine Elizabeth I :

Let me speak, sir,
For heaven now bids me; and the words I utter
Let none think flattery, for they’ll find ’em truth.
This royal infant heaven still move about her!
Though in her cradle, yet now promises
Upon this land a thousand thousand blessings,
Which time shall bring to ripeness. She shall be
But few now living can behold that goodness
A pattern to all princes living with her
And all that shall succeed. Saba was never
More covetous of wisdom and fair virtuevetous
Than this pure soul shall be. “

 

Laissez-moi parler, sire, car le ciel me l’ordonne ; et mes mots que personne ne les dise flatterie, on les aura vrais un jour. Cette royale enfant - que les cieux veillent toujours sur elle, bien qu’encore au berceau, promet déjà à ce pays des milliers de bénédictions, que le temps verra se réaliser. Elle sera - mais bien peu d’entre nous y assisteront - l’exemple pour tous les princes de son temps, et de tous ceux qui leur succéderont. La reine de Saba ne fut jamais plus affamée de sagesse et de vertu que ne le sera cette âme pure.

Pas mal comme flagornerie...

Le destin de cette pièce a été plutôt modeste, John Fletcher, qui a rédigé l’épilogue l’avait pressenti:

Tis ten to one this play can never please
All that are here. Some come to take their ease
And sleep an act or two but those, we fear,
We’ve frighted with our trumpets; so, ’tis clear,
They’ll say ’tis naughtothers...”

 

Il y a dix à parier contre un que cette pièce ne pourra pas plaire à tous ceux qui sont ici. Il en est qui viennent pour se reposer et dormir pendant un acte ou deux ; mais ceux-là, je crains que nous ne les ayons effarés avec nos trompettes. Aussi il est clair qu’ils diront : Ça ne vaut rien.

 

Je sais, ces mots ressemblent beaucoup à tous ces épilogues dans lesquels l’auteur (y compris Will) fait le faux modeste...Dans le cas de cette pièce, c’est une prémonition assez juste...Cependant, cela reste un texte fort, très supérieur à ce que l’on peut lire couramment...


 

 

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